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Antitrust : les éditeurs répondent à la justice américaine

Clément Solym - 31.05.2012

Lecture numérique - Législation - antitrust - livre numérique - Apple


Six semaines, que le Ministère de la Justice a déposé sa plainte contre Apple et cinq des six gros éditeurs étasuniens. D'un côté, trois d'entre eux ont décidé de se ranger à l'avis du DoJ, et ont accepté son règlement. De l'autre, deux vilains petits canards ont décidé de ne pas plier : Penguin et Macmillan viennent de faire parvenir leurs réponses au DoJ, après celle, spectaculaire, d'Apple. (voir notre actualitté)

 

Que l'on ne s'en étonne pas : les deux acteurs ont nié en bloc toute forme de conspiration ou d'entente sur la fixation de prix des livres numériques. Mais au-delà du fond commun, celle de Penguin est amplement détaillée, alors que Macmillan a fait dans le concis, le bref, l'efficace. 

 

Ainsi, ce dernier assure donc n'avoir participé à aucune conspiration illégale, et en l'absence de preuve directe démontrant une conspiration, dans la plainte du gouvernement, « est révélateur ». Toute cette affaire ne repose donc que sur des preuves circonstancielles, et rien, dans l'attitude de l'éditeur, n'est équivoque, ni ne prête à confusion. D'autant que le silence « assourdissant du gouvernement » dans cette action commence à laisser planer quelques doutes sur la légitimité même de la procédure, assure-t-on. 

 

Think Different, Think Justice

 

 

Et pour ce qui est de l'accord avec Apple, Macmillan explique que l'accord a été simple : à prendre ou à laisser. Et il fallait entrer dans l'iBookstore, aussi le groupe a pris, seul, la décision de s'impliquer. Même si les négociations ont bien eu lieu entre les deux parties. Quant aux dîners à Manhattan, qui ont failli devenir un argument mis en avant par les plaignants… soyons sérieux…

 

La réponse de Macmillan

 

Chez Penguin, on est un brin plus disert : c'est que l'on a examiné longuement les conditions du contrat d'agence, chez Penguin, avant de se lancer. C'était une offre à prendre ou à laisser, effectivement, mais l'éditeur s'est assuré d'obtenir des garanties qu'Apple pourrait offrir des résultats réels, en cas d'acceptation de vente des livres numériques dans l'iBookstore. 

 

Toutefois, les accords passés avec la firme de Cupertino ne relèvent que d'une stricte négociation entre entreprises, rien de commun ni d'arrangé à l'avance et à plusieurs. Pour Penguin, le contrat d'agence n'a d'ailleurs rien à voir avec une concurrence déloyale, puisque le marché du livre numérique s'est développé plus largement que jamais. Depuis l'arrivée de l'iPad, en effet, il faut reconnaître que les revendeurs sont plus nombreux, et dans des conditions de commercialisation préférables. 

 

D'ailleurs, pour Penguin, le livre numérique représentait enfin l'occasion de travailler avec Apple, chose importante pour l'éditeur, qui attendait cette solution pour entrer en relation commerciale avec la firme. Plusieurs projets étaient sur les rails, comme une version de Winnie l'ourson interactive, et pour profiter pleinement d'un tel livre enrichi, il fallait disposer d'un appareil de lecture, où l'on pouvait charger, en bundle, directement, l'ouvrage en question.

 

Or, avant la tablette d'Apple, aucun autre appareil n'était en mesure de véritablement faire profiter d'un tel développement. Et pour cause, tous les appareils de lecture étaient majoritairement à encre électronique.

 

Et pour le citer, justement, les relations entre Penguin et Amazon n'ont pas toujours été au beau fixe, alors que le revendeur n'en faisait en effet qu'à sa tête. Et puis, cet écosystème propriétaire, tout verrouillé de partout. Non, non, vraiment, Apple n'a apporté que des bonnes choses avec ce contrat d'agence. 

 

La réponse de Penguin