Antoine Gallimard : Amazon et Google, avec l'ebook, des menaces de toutes parts

Clément Solym - 22.11.2009

Lecture numérique - Acteurs numériques - Gallimard - Amazon - Google


C'est assez plaisant : alors qu'une conférence sur le livre numérique aux Blancs Manteaux dans le cadre du Salon L'autre LIVRE aura lieu aujourd'hui à 15h, Antoine Gallimard s'est présenté à Avignon pour évoquer le livre numérique avec nos confrères du Figaro.

Le piratage fait peur, très très très...

Plusieurs problématiques auront été évoquées autour de l'ebook. La grande question pour la plupart des éditeurs serait « le piratage », sur le modèle de la musique et du cinéma, secteurs qui angoissent particulièrement les maisons d'éditions. À tort ou à raison ? C'est en effet l'impact de l'ebook sur la librairie et l'écosystème du livre actuel, établi depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, que l'on redoute massivement.

Pour le moment, le monde du livre se porte bien - malgré la disparition (avérée ?) des grands lecteurs - et plus encore, le marché du livre « tient bien » face à la crise. Et d'évoquer les prix littéraires, dont Gallimard s'est plutôt goinfré cette année. Alors cet ebook, « qui va le contrôler, quels sont les réseaux de distribution, quels rôles pour les fournisseurs d'accès, les Google - qui ne respecte pas le droit d'auteur, qui prend vos contenus dans la poche - les Apple et autres. Il y a une cohorte de gens qui arrivent et on ne sait pas trop ce qui va se passer » ?

Amusant que la question de la diffusion-distribution (5 ou 6 acteurs au moins en France, selon Antoine) soit si clairement posée, alors qu'il s'agit dans le monde du livre papier de la source de revenus la plus importante, et que justement Gallimard fait partie de ces énormes entreprises chargées de diffuser distribuer les livres : peur de perdre un marché, M. Gallimard ?

Anticiper ces mouvements


Eh non, justement : la réponse n'a pas tardé, puisque des plateformes numériques ont été créées pour « anticiper ces mouvements », mais issues d'initiatives disparates, malgré la volonté du ministre de la Culture qui avait souhaité un regroupement des éditeurs pour une plus grande force de frappe. Cependant, il est possible « qu'il y en ait plus demain ». L'alternative à la multiplicité - attention, on a l'impression de retrouver Albanel ou Donnedieu de Vabres à la grande époque de la DADVSI : Antoine Gallimard souhaite une interopérabilité entre les plateformes. Qu'est-ce à dire ? Un format d'ebook unique ? Non, un travail « main dans la main », pour le lecteur. Et concrètement ? Repassez plus tard...

Au moins, le patron plaide pour une TVA réduite, mais pour le moment « il y a très très très peu de chances », estime-t-il, parce que justement, « il faut demander à Bruxelles ». Problème de définition fiscale, autour de la TVA-service, mais la réunion de la semaine prochaine pourrait faire avancer les choses. Et la loi Lang ? Elle pourrait « imploser » du fait de l'ebook. Et il faudrait peut-être la renforcer, pour qu'elle puisse être appliquée au livre numérique.

Les dangers venant de part et d'autre, Amazon avec ses 9,99 $, Google est un problème « parce que l'on ne connaît pas ses intentions avec sa bibliothèque » et que les compensations financières ne sont pas raccord avec le droit d'auteur en France. Alors oui, « il y a des menaces importantes de la part de grands fournisseurs d'accès (sic !) »...