Antoine Gallimard donne le ton des Assises du numérique

Clément Solym - 16.03.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Salon du Livre 2012 - Antoine Gallimard - Assises du livre numérique


Après quelques réglages techniques, celui qui se présente comme « Président du Salon, Président du Syndicat National de l'Édition et en même temps éditeur », à savoir Antoine Gallimard, prend la parole pour inaugurer les Assises du livre numérique, entre les murs du Salon du Livre de Paris. Au programme : usages et formats du livre numériques, mais aussi droits d'auteur.


Alors que l'audience piaffe d'impatience, ou presque, dans l'attente de prendre connaissance des résultats d'un baromètre consacré aux usages du numérique, Antoine Gallimard cite Pascal Quignard : « Une fois le livre ouvert, le support se dissout ». Un pied-de-nez à l'étude mené par l'institut OpinionWay ? Non, juste un moyen de rappeler que la lecture sera au centre de ses Assises du numérique, parce qu'elle est « magique » et a « un impact sensible sur la vie de chacun ».

 

 

C'est justement pour centrer le débat sur la lecture que les Assises se dérouleront cette année sur une journée complète, avec deux lignes directrices : une matinée consacrée aux usages, et une après-midi centrée sur les formats, plus technique mais non moins primordiale, puisqu'elle « met en jeu nos métiers et nos responsabilités d'éditeur » explique le Président du SNE et de la maison d'édition éponyme.

 

Dénonçant les « fausses intentions que nous prêtent certains commentateurs », Antoine Gallimard s'attache ensuite à rétablir une certaine vérité relative au prix unique du livre numérique, en défendant corps et âme la « juste régulation du marché avec la loi du 26 mai 2011, pour préserver la concurrence et non la réduire. » Il va même plus loin : « On cherche aujourd'hui à opposer lecteurs et éditeurs, sur le prix des livres numériques et la gestion des catalogues ». Un procès « injuste » selon lui : la salle ne bronche pas, absorbée par ce réquisitoire galimeresque.

 

« J'espère que l'Europe nous entend » ajoute Antoine Gallimard, presque comme un président en campagne, en dénonçant l'« utopie dangereuse » de la circulation dérégularisée. Antoine Gallimard souligne ainsi la fermeté de sa position vis-à-vis d'Amazon ou de l'iBookstore, dont il juge les conditions d'utilisation « intenables » : le catalogue Gallimard ne sera d'ailleurs pas distribué par Apple.

 

 

De gauche à droite : Antoine Gallimard, Bruno Jean-Bart (OpinionWay), François Coupry (Président de la SOFIA), Jean-Claude Bologne (Président de la SGDL)

 

« Comment peut-on prétendre une chose pareille ? » s'interroge Antoine Gallimard en évoquant les oppositions des auteurs et des éditeurs, notamment sur la gestion des oeuvres indisponibles : « si auteurs et éditeurs ont accepté une gestion collective des œuvres indisponibles, c'est précisement dans cette perspective patrimoniale, d'intérêt général et de défense de la propriété intellectuelle. »