Apple, Amazon, Google : ces monopoles qui dérangent

Clément Solym - 16.04.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Apple Amazon Google - monopoles - livres numériques


Le procès contre Apple et les cinq éditeurs (voir notre actualitté) a levé la loi du silence : la dernière semaine a vu les responsables de Google, Amazon et Apple s'insulter à grands coups de « monopoles ». Mais, à force de tirer violemment sur la paille dans l'oeil du concurrent, les trois sociétés ont loupé la poutre (maîtresse) inhérente à leur fonctionnement : maîtrise des informations, marketing réglé comme du papier à musique et atomisation de la concurrence.

 

La défense des sociétés visées par l'accusation d'entente sur le prix des ebooks s'est synchronisée : Macmillan pointe la « position monopolistique » d'Amazon, Penguin assure que l'entente a permis d'éviter « un monopole dans l'approvisionnement en livres numériques », tandis qu'Apple, grand seigneur, explique que l'iBookstore a débarrassé l'édition de « l'emprise monopolistique d'Amazon ».

 

 

Si le terme est désespérément absent des documents du Departement of Justice américain, la levée de l'omertà en a fait un terme très à la mode pour désigner les agissements d'un certain site de e-commerce. « Amazon veut des prix très, très bas pour les livres, plus bas que ce que l'industrie de l'édition peut supporter » déclare ainsi Curt Matthews, le directeur exécutif d'IPG, qui a dernièrement retiré 5000 titres de la plateforme parce qu'elle réclamait des marges plus importantes sur les ventes. (voir notre actualitté)

 

Tu t'es vu quand t'abuses ?

 

Les camps sont délimités : éditeurs et Apple versus Amazon et les consommateurs. Si la mobilisation des éditeurs aux côtés d'Apple semble plutôt logique, sa systématisation serait plus inquiétante : face à deux monopoles, choisir le moins pire pour les recettes ? Ça a l'air bien, sauf pour le consommateur, qui se verra alors imposer la dictature du bon goût caractéristique de la marque à la pomme. Cela va sonner quelque peu théorie du complot, mais Apple fait presque figure de chevalier blanc après son procès, lui qui défend les éditeurs contre le méchant Amazon : c'est oublier les pratiques de la société, qui fonctionne sur le modèle du format propriétaire, comme... Amazon.

 

Google, jusqu'ici épargné par ces histoires juridiques, a lui aussi pointé le danger des monopoles, en lâchant cette bombe sur Apple et Facebook : « Il y a beaucoup de choses qui restent cachées. Par exemple, toutes les informations des applications, qu'on ne peut pas référencer dans des moteurs de recherche » a expliqué Sergueï Brin, le co-fondateur de Google, dans une interview au Guardian.

 

Amusante, cette accusation de censure du web alors que le moteur de recherche est toujours sur le coup d'une enquête de la Commission européenne sur la manipulation des données... Brin a également pointé les « règles restrictives de Facebook » qui l'auraient empêché de créer Google aujourd'hui, en omettant de signaler que la firme venait de mettre fin au programme de reventes d'ebooks, privant les libraires indépendants d'un moyen de survie. (voir notre actualitté) Le monopole est toujours celui d'un autre.

 




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