Apple attaque Amazon frontalement pour avoir 'frustré les éditeurs'

Clément Solym - 26.02.2014

Lecture numérique - Législation - Apple - Amazon - livres numériques


Après avoir déposé ses nouveaux documents devant la Cour d'appel fédérale de New York, et réclamé que le procès se déroule en Floride, et non pas sur la côte Est, Apple tente une fois de plus de se débarrasser de la Justice américaine. Les nouvelles observations semblent un peu plus agressives cette fois, et mettent en cause directement Amazon. En répétant, bien entendu, des arguments déjà connus.

 

 

Apple iPad (bokuppslag)

inUse Consulting, CC BY 2.0

 

 

L'entrée de la firme sur le marché du livre numérique a permis « le coup d'envoi d'une concurrence dans un marché très concentré, a fourni une puissance supérieure, des prix inférieurs et accéléré l'innovation », pointent les avocats de la société. Mais surtout, son offre a « été attrayante pour les éditeurs, qui ont été frustrés dans leur relation avec Amazon ». 

 

Ce n'est pas la première fois qu'Apple pointe les relations marchandes entre les éditeurs et Amazon, et les dénonce pour justifier son offre commerciale. Cette fois, on enfonce le clou massivement « Il n'était pas illégal pour Apple de profiter de la situation de discorde sur le marché du détail, en proposant un contrat d'agence légitime, pour entrer sur le marché du livre numérique et rivaliser avec Amazon », peut-on lire. 

 

Une dissonance entre éditeurs et Amazon qui avait même conduit certaines maisons, en septembre 2009, à retarder la publication du format numérique, pour contrecarrer les pressions subies par le cybermarchand.

 

Et d'assurer que la condamnation repose actuellement « sur une théorie fondamentalement erronée de la législation antitrust » et le tribunal lui-même a reconnu que le dossier était équivoque. Il peine à déterminer si Apple souhaitait réellement proposer des tarifs de prix de vente supérieurs à ceux d'Amazon. Ou réellement ouvrir un nouveau marché.

 

« Si elle est maintenue, la décision risque d'étouffer l'innovation, refroidir la concurrence et nuire aux consommateurs », précise l'injonction. 

 

L'affaire suit son cours, et ce dernier est loin d'être paisible…