Apple devient psychorigide : iBook ne désigne pas un ebook que vend iBooks

Clément Solym - 24.11.2016

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Rions un peu en attendant que les industriels américains aient totalement achevé leur conquête du monde... Apple a décidé de bloquer la vente d’un livre numérique, chose tout à fait compréhensible en soi : les libraires ont le choix de ce qu'ils commercialisent. L’ebook est d’ailleurs assez virulent contre la firme. Mais les raisons du refus sont tellement farfelues...

 

Le papyrus de César

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Le livre de Jason Schultz et  Aaron Perzanowski, The End of Ownership : Personal Property in the Digital Economy, est proposé sur l’ensemble des plateformes numériques de l’univers connu. Sauf Apple. De l’avis même des auteurs, l’ouvrage est « ouvertement critique vis-à-vis d’Apple, à plusieurs niveaux. Nous critiquons leur recours aux DRM, leurs conditions d’utilisation complexes et imbitables » et d’autres petites choses encore, typiques d’Apple.

 

Sauf que leurs attaques, pour fondées qu’elles soient, n’ont même pas soulevé un sourcil des censeurs de la Pomme. Le livre aurait d’ailleurs pu passer comme une lettre à la poste, si un ÉNORME problème ne s’était présenté. 

 

Quoi de plus important que de dégommer la firme, ses politiques commerciales, ses stratégies marketing, ses mesures de protection numériques, ou son environnement propriétaire ? Eh bien, il est un crime de lèse-majesté qu’aucun mortel ne peut s’autoriser : celui de mal orthographier le nom de l’application de vente et de lecture : iBooks.

 

En effet, Apple cherche et combat vigoureusement tous ceux qui ne sont pas rompus à la nomenclature officielle. Et après avoir employé à 264 reprises le terme iBook dans leur livre, pour se référer aux ebooks commercialisés, les auteurs se sont donc heurtés au mur Apple, et au refus catégorique de commercialiser le livre en question. 

 

 

Selon les consignes d’utilisation, il faut en effet employer les termes iBooks ou iBooks Store, ce qui désigne l’ensemble de l’écosystème de lecture numérique. Et pas – surtout pas ! – iBook, qui fait en réalité référence à une gamme d’ordinateurs portables, les PowerBooks, qui furent ainsi surnommés. Et le terme est resté, acheté par Apple. 

 

iBooks Store : Les équipes surveillent attentivement le marché

 

« Mais nous n’avons pas utilisé “iBook” comme un terme générique », se désolent les auteurs – à la manière de ce que Kleenex ou Post-it, qui sont des marques, sont aujourd’hui, et communément, utilisé pour désigner des mouchoirs en papier ou des feuilles autocollantes. « Nous l’avons utilisé uniquement et exclusivement pour nous référer aux ebooks vendus par Apple. » 

 

Sauf qu’en aucun cas, iBook ne peut désigner l’ebook vendu dans iBooks. Compris ?  

 

Et les auteurs de se résigner : ils ont modifié les noms et plusieurs phrases, espérant que leur mise en conformité permettra de passer les barrières. C’est ainsi que 

 

« Apple’s iBooks can only be read on Apple devices. » 

 

est devenu

 

« Ebooks acquired through Apple’s iBooks Store can only be read on Apple devices. »

 

Oui, on marche sur la tête...