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Apple, société plus secrète que les questions de sécurité nationale

Nicolas Gary - 31.12.2013

Lecture numérique - Législation - Entente - livres numériques - Michael Bromwich


Le procès de la firme n'en finira jamais, et depuis qu'un moniteur a été nommé, avec pour charge de surveiller Apple, celle-ci aurait passé son temps à lui mettre des bâtons dans les roues. Dans les documents déposés à la cour, Michael Bromwich, a assuré qu'Apple faisait tout pour nuire à son travail, alors que la société se défend : la présence du moniteur et ses permanentes questions interfèrent avec les activités commerciales...

 

Apple iPad Event

mattbuchanan, CC BY 2.0

 

 

Nommé depuis mi-octobre, Bromwich est devenu l'inspecteur des travaux finis chez Apple, pour un taux horaire de 1100 $, qui a déjà fait enrager la firme à la Pomme. « Le taux horaire de 1100 $ qu'il propose pour lui-même, et celui de 1025 $ pour son équipe de soutien juridique dépasse ce qu'Apple a connu pour n'importe quelle fonction », se plaignait-on, du côté de la comptabilité. Et pour cause, conformément à la décision de justice, c'est à Apple de payer son moniteur...

 

Mais au fil des semaines, ce ne fut plus simplement le salaire, qui irritait les cadres et les dirigeants, mais simplement la présence de Bromwich, qui furetait dans tous les coins, en quête de réponses. Dernièrement, le moniteur avait déploré le « manque surprenant et décevant de coopération », mais désormais, ses conclusions vont plus loin. En 20 années de travail de surveillance des firmes, jamais il n'avait été traité de la sorte - même dans les cas, précise-t-il, touchant à des questions de sécurité nationale.

 

Pour l'instant, aucun porte-parole d'Apple n'était disponible pour commenter. Selon Bromwich, depuis sa nomination, il n'a obtenu que 13 heures d'entretien au cours des deux visites en Californie. Et sept des onze personnes avec qui il s'est entretenu étaient des avocats, plutôt que des gens en contact avec le terrain. D'ailleurs, tous ses entretiens se sont déroulés à Sunnyvale, et pas au siège, à Cupertino. Des documents qu'il avait réclamés, et qu'on devait lui produire rapidement, il n'a obtenu que 330 pages. 

 

Les avocats du ministère de la Justice, à l'origine de toute la procédure contre Apple, ont tiqué tout particulièrement sur les réponses qu'avait apportées Apple. On estime en effet que ces heures d'entretien avec Bromwich diminuent la croissance de la société, sont des pertes de temps qui interfèrent avec le développement de la marque, et ralentissent la commercialisation de nouveaux produits. Les avocats avaient même ajouté que Bromwich s'était lancé dans « une inquisition large et sans fin », un comportement parfaitement injustifié. 

 

Rappelons que le fond du problème est une entente entre Apple et les grands groupes éditoriaux américains, qui aurait conduit à l'augmentation artificielle du prix des livres numériques sur le territoire. Au détriment des consommateurs, et des parts de marché d'Amazon... 

 

Dont acte.

 

via The Associated Press