Apple : un million de clients iBooks par semaine, avec iOS 8

Nicolas Gary - 16.01.2015

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À l'occasion de la conférence Digital Book World, Keith Moerer, directeur de iBooks, l'application d'achat et de lecture d'ebooks, est intervenu pour présenter quelques données. Suite au lancement de la mise à jour de iOS, le système d'exploitation mobile, en version 8, iBooks a connu une véritable explosion des utilisateurs.

 

 

 

 

 

L'application iBooks, permettant la lecture de livres, a connu une croissance d'un million d'utilisateur chaque semaine, depuis le lancement d'iOS 8. Intégrée dans Mac OS X Mavericks, iBooks n'avait jusqu'à lors pas véritablement explosé. Pourtant, Apple disposait d'un parc d'appareils considérable pour développer son activité. 

 

iOS 8 est disponible sur les appareils mobiles, iPhone 5, 5S et 5C, ainsi qu'iPad 2 et versions ultérieures depuis la mi-septembre : autrement dit, on devrait compter sur près de 14 millions d'utilisateurs après un bref calcul. Depuis sa création en 2010, iBooks semble toujours être resté à la traîne, et l'on ne connaîtra pas le nombre exact de clients. Cependant, Moerer s'attend « à ce que [ce recrutement] continue cette année » sur le rythme actuel.

 

Pour l'heure, Amazon reste le leader sur le livre numérique aux États-Unis, et personne n'a encore de données réelles sur l'impact que ces millions de nouveaux utilisateurs ont pu avoir sur le marché, et les parts de marché de la Pomme.

 

À ce jour, on estime que iBooks dispose de 10 % de parts de marché, avec un magasin numérique certainement mieux conçu qu'il ne le fut au départ. Ainsi, Moerer annonce qu'un milliard d'ebooks a été téléchargé depuis la création de la boutique – téléchargé et non acheté, la distinction compte. Il est très probablement que si Nook disparaît, en regard des difficultés que connaît aujourd'hui le libraire Barnes & Noble, iBooks puisse durablement consolider sa position. 

 

Moerer en a également profité pour souligner les différences entre le modèle économique d'Apple, et celui d'Amazon. La commission du premier est la même pour les auteurs indépendants et les grands éditeurs : Apple prend 30 % de commission sur le prix de vente, quel que soit le tarif. En outre, et contrairement à d'autres, Apple ne joue pas à l'éditeur, ce qui permet « une étroite collaboration avec les éditeurs ».

 

Et puis, aucun accord de co-op n'est accepté, assure-t-il : autrement dit, toute mise en avant de livres sur la boutique est opérée par un choix éditorial, et pas avec l'achat d'un espace publicitaire par un éditeur. 

  

"De plus en plus de ventes de livres à partir d'un téléphone"

 

Dans les développements qu'elle connaît, la société note que le top des pays utilisateurs d'iBooks après les USA, sont le Royaume-Uni, l'Allemagne, et la France. À ce titre, le marché canadien est solide, notamment parce que l'on voit les éditeurs français vendre leurs ouvrages sur le territoire. Si l'on constate une croissance forte au Japon, l'Amérique latine reste encore faible. Cela dit, l'édition en langue espagnole est en train de devenir une grande part de l'activité américaine. 

 

 

iPhone 6 plus - iBooks

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

La préinstallation de iBooks a évidemment favorisé le recrutement des clients, et la fonctionnalité de partage Family Sharing, permettant de diffuser entre amis ses contenus, a également contribué à stimuler les ventes. « L'édition indépendante est un de nos plus forts secteurs de croissance », ajoute Moerer. Et dans tous les cas, depuis le lancement des iPhone 6 et 6 Plus, « nous assistons à de plus en plus de ventes de livres à partir d'un téléphone ». Tout en soulignant que la firme ne « surveille pas vraiment les comportements de lecture ». D'ailleurs, avec leurs écrans plus grands que les iPhones précédents, les 6 et 6 Plus sont devenus très porteurs pour la lecture.

 

Comme on peut s'y attendre, les ventes sont fortes pour la fiction et la non-fiction narrative, et Moerer s'attend à ce que le secteur jeunesse et livres illustrés se développe à l'avenir. D'autres catégories de fiction profiteront également de ce modèle : il prend pour image les amateurs de jazz et de musique classique, qui ont été plus longs à migrer vers le numérique. Pour les lecteurs, ce sera la même chose. « Nous avons fait un réel effort pour nous concentrer davantage sur la fiction de genre, y compris la romance, les mystères et le thriller, ainsi que la science-fiction et la fantasy. »

 

Via The Kindle Chronicles