Applications-livre : attention aux coûts

Clément Solym - 28.03.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - applications - livres - vendre


Si le marché de l'application est en plein essor, dans l'édition, ce dernier représente avant tout plus d'investissements à perte, pour l'heure, que de retour financiers intéressants. Et pourtant, il faut parier, les éditeurs sont embarqués...

À l'occasion de la conférence Tools of Change, qui se déroulait dans le cadre de la Foire du livre de Bologne, devant une délégation représentant 27 pays, Laura Donnini, directrice marketing chez Mondadori, a donné des chiffres clairs. La meilleure application - comprenez, la plus vendue - s'est écoulée à 2000 exemplaires.


Conclusion : c'est cher. Et le retour sur investissement est loin d'être au rendez-vous. « Vous ne pouvez pas vous en sortir, si vous dépensez 20.000 et 40.000 € dans la création de votre application avec vos développeurs. Ne dépensez pas trop d'argent », exhorte-t-elle, forte de cette expérience. Louis Delas, patron de Casterman et responsable du groupe BD au SNE, avait un discours assez proche : « D'abord, je tiens à souligner que le numérique ne rapporte toujours rien. Le chiffre d'affaires est toujours bas, et les coûts de fabrications pas encore rentabilisés. »

Les applications pour système iOS ont en effet une échelle de prix extrêmement variable. Et comme partout, les investissements réalisés dans la conception d'une appli se répercutent forcément dans le prix d'achat pour le consommateur. Pour Lyle Underkloffer, de Disney, le plus simple reste encore le meilleur, mais Deborah Forte, de Scholastic Media, estime au contraire que l'acteur qui arrivera avec une appli vraiment convaincante, chère ou non, « sera le moteur du marché ». (via The Bookseller)

Le marché jeunesse se divise, d'autant plus que certains auteurs refusent que leur livre devienne une application, comme le revendique Julia Donaldson, auteure jeunesse. Pour elle, le risque du tout écran ou de l'interactivité est de perdre la relation avec les mots eux-mêmes. (notre actualitté)

L'autre enjeu est celui des droits numériques, qui a creusé un fossé linguistique. L'Italie fait son mea culpa, avec un catalogue de 7000 titres numérisés pour 2010. Or, en dépit des projets pour cette année, elle se trouve dans le même retard que ses voisins européens, en regard de l'offre numérique de langue anglaise.

Problème : ce retard ne manquerait pas de frustrer le consommateur, et inciter au piratage. Les négociations sont alors compliquées, puisque soit les droits numériques sont vendus comme traditionnellement, ce qui ralentit les processus, soit ils sont proposés séparément, et vont poser des problèmes plus diplomatiques, avec les éditeurs qui convoitent l'impression des livres.

(voir également le billet de SoBookOnline)