Architecte, explorateur ou sceptique : journalistes et réseaux sociaux

La rédaction - 05.10.2016

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ETUDE – Pour la cinquième année consécutive, Cision et Canterbury Christ Church University ont réalisé une étude à propos de la relation des journalistes avec les réseaux sociaux. 290 journalistes français ont été interrogés entre le 1er et le 15 avril 2016. 

 

 

 

Comment utilisent-ils les réseaux sociaux? Quels réseaux sociaux? À quelle fréquence? Et pourquoi? L’enquête dévoile un rapport ambigu des journalistes aux médias sociaux, entre addiction et réserve.

Mathilde de Chalonge

 

Combien

 

Tout d’abord, 91 % des journalistes utilisent les médias sociaux dans le cadre de leur activité professionnelle et 56 % affirment ne plus pouvoir s’en passer. Plus de deux tiers consacrent au moins deux heures de leur journée à surfer sur les réseaux sociaux, contre la moitié il y a quatre ans. En revanche, plus question pour les journalistes d’y perdre leur journée. Ils ont aujourd’hui rationalisé leurs usages et maîtrisent le temps qu’ils y consacrent. Seuls 6 % des journalistes passent plus de 4 heures par jour sur les réseaux sociaux, contre 14 % en 2012.

 

Pourquoi? Et sur quels médias ?

 

Les journalistes utilisent les réseaux sociaux pour, en premier lieu, promouvoir et publier du contenu, puis, pour faire de la veille, s’informer et interagir avec leur audience. Les réseaux sociaux leur permettent également de mesurer l’efficacité et la pertinence de leur contenu, jusqu’à devenir un indicateur qui oriente la création de contenu.

 

Ainsi, 30 % des journalistes se connectent aux réseaux sociaux pour publier du contenu, 43 % pour lire le contenu auquel ils sont abonnés et 32 % pour surveiller les discussions en rapport.

 

Sans surprise, Facebook et Twitter restent les réseaux sociaux préférés des journalistes. Les femmes préfèrent le premier et les hommes le second. Facebook est l’outil privilégié pour publier et promouvoir des articles, alors que Twitter sert à la recherche d’informations.

 

Quel impact

 

Pour la plupart des journalistes, les réseaux sociaux ont révolutionné leur vie professionnelle. 65 % affirment qu’ils ont profondément changé leur métier et 34 % estiment qu’ils ont amélioré leur productivité. Toutefois, ils n’ont pas un jugement très favorable vis-à-vis des réseaux sociaux : seuls 31 % pensent qu’ils ont un impact positif sur la profession. Tous, ou presque, pensent que les médias sociaux les poussent à se concentrer sur l’instantanéité de l’information plutôt que sur son analyse. Et, aujourd’hui, 62 % affirment que les réseaux sociaux dégradent les valeurs de la profession, telle que l’objectivité. Ils n’étaient qu’un quart à le penser en 2012

 

Le principal avantage qu’ils tirent des réseaux sociaux est la proximité avec le public et la possibilité d’engager leur audience plus facilement.

 

Trois profils de journalistes

 

L’étude révèle trois profils types de journalistes, des plus engagés aux plus distants face aux réseaux sociaux. 35 % sont des « architectes », jeunes et accros, 35 % des « explorateurs », modérés et aguerris, et 30 % des « sceptiques », plus âgés et moins connectés. 

 

Le média social est-il une tendance nécessaire à suivre ou un véritable outil pour améliorer le journalisme? À l’image de l’impression mitigée que nous avons personnellement des réseaux sociaux, les journalistes, de manière professionnelle, sont parfois réticents face à l’évolution de leur métier. Pourtant, malgré leurs réserves, 66 % affirment qu’ils utiliseront plus les réseaux sociaux à l’avenir. Comme vous et moi, l’on aimerait se déconnecter de Facebook et Twitter, l’on adore les critiquer, mais… l’on ne peut s’en passer. (l'étude intégrale est après l'infographie)

 

 

 

 

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