ARDITO : utiliser des contenus numériques sans violer le droit d'auteur

La rédaction - 12.04.2017

Lecture numérique - Acteurs numériques - licence contenus numériques - utilisateurs éditeurs contenus - droits licences gestion


ActuaLitté et le Giornale della libreria ont choisi de s’associer pour partager leurs ressources. Un regard croisé sur la France et l’Italie, à travers des articles spécifiques qui présentent les innovations, les projets et les développements éditoriaux, propres aux deux pays. Et si ARDITO parvenait à trouver un terrain d'entente entre utilisateurs et ayants droit ?

 

Easter Bunny Island
Jeanne Masar, CC BY ND 2.0

 

Ces 20 dernières années ont été marquées par une explosion sans précédent dans la création de contenus numériques : depuis les ebooks avec de la musique aux jeux vidéo, des informations aux images et photographies aux divertissements sur la toile, jusqu’aux plateformes de vidéos à la demande...

 

Tout est numérique, et tout participe de la création d’un extraordinaire « réseau de valeur » qui implique le processus de production, le produit lui-même, la logistique dans la distribution et les moyens autant que la chronologie des médias par lesquels les produits et services numériques sont rendus accessibles à l’utilisateur. 

 

Cependant, cet écosystème introduit des lacunes sérieuses dans le respect des droits d’usage des contenus numériques. Ce qui se traduit par une perte de valeur réelle, à compter du moment où l’on ne donne pas aux utilisateurs la possibilité d’attribuer les droits à l’auteur d’un contenu réutilisé. Il est difficile de trouver les informations sur les licences d’usage autorisées, de même que les modalités et les conditions à respecter.

 

Dans ce contexte se modèle et s’inscrit la vision de ARDITO (Access to Rights Data via Identification Technologies Optimisation, il est possible de le suivre sur Twitter). Ce projet cofinancé dans le cadre du programme de l’Union européenne Horizon 2020 a été lancé durant la London Book Fair. Son objectif est d’automatiser l’échange d’informations relatives à tout type de contenus numériques entre les propriétaires et les utilisateurs. Et en particulier, pour les petites et moyennes entreprises (PME) qui représentent 85 % de l’ensemble du secteur de la création. 

 

Sa mise en œuvre nécessite la constitution d’un réseau de données, reliées entre elles par un centre de tri des informations, le Rights Data Network. Il se présente pour l’utilisateur comme un outil qui, en un seul clic, affiche un pop-up avec les informations souhaitées.

 

ARDITO, de par le développement de solutions techniques appropriées, vise à fournir des outils et des services simplifiant la vie des PME du secteur créatif. Cela rend les modèles économiques plus fluides, en portant l’accent sur la monétisation et la réutilisation de contenus numériques. 

 

Le projet est coordonné par la mEDRA, société italienne connue pour être l’une des rares au monde en matière d’enregistrement de droits numériques au monde. Elle dispose d’autres partenaires comme l’AIE (Association italienne des éditeurs), Album (Espagne), B-COM (France), Copyright Hub Foundation (Royaume-Uni), Europe Analytica (Belgique) et Icontact (Hollande).

 

« ARDITO est un projet ambitieux et audacieux », explique Paola Mazzucchi, directrice du développement de la mEDRA, et coordinatrice du projet. « Tout d’abord parce que nous voulons dépasser l’idée de projet et mettre en application immédiatement toutes les innovations pour que les outils et produits soient facilement utilisés par ceux qui sont engagés dans le secteur de la création et de la publication de contenus. Cela va de l’éditorial au photographe amateur. Et bien entendu, l’utilisateur final, pour qui cela doit être résolu en un clic. »
 


 

 

L’une des premières présentations publiques d’ARDITO se fera sur la scène de Tempo di libri [la foire du livre de Milan], le 20 avril prochain. 

 

« Nous avons décidé de choisir Tempo di Libri pour nous présenter, précisément parce que nous considérons que l’édition italienne est prête à comprendre combien le rêve d’ARDITO sera bientôt une réalité. Et de lui présenter l’occasion de s’en emparer », poursuit Paoloa Mazzuchi.

 

Originellement publié sur Il Giornale della libreria

par Alessandra Rotondo