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Arnaque sur Facebook : quand François Busnel sert d'appât

Nicolas Gary - 10.03.2020

Lecture numérique - Législation - François Busnel arnaque - arnaque grande librairie - scam phishing internet


À l’heure du web des réseaux sociaux, nul doute que les escrocs en tous genres s’adaptent. Connues sous le nom de “scam”, pour “arnaque”, les tentatives d’extorsion profitent généreusement du monde numérique : duplication facile, messages envoyés à des milliers d’usagers (et plus encore). Mais encore faut-il gagner la confiance des internautes. Pour ce faire, rien de tel qu’une figure rassurante…

François Busnel - Rencontres nationales de la librairie française
François Busnel, le vrai - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Depuis douze ans maintenant qu’il est devenu la référence des émissions littéraires à la télévision, François Busnel présentait le profil idéal. L’émission, considérée comme l’un des programmes les plus prescripteurs, profite d’un rendez-vous hebdomadaire très suivi. Et son animateur est plus populaire d’un gendre idéal : en somme, la figure parfaite pour une escroquerie rondement menée. 
 

Escroc, un peu trop...


On retrouve en effet sur Facebook au moins trois comptes pseudo-officiels du présentateur star de France 5. Attention : pseudo, parce que tous ont en commun de tenter une escroquerie en bonne et due forme. 

« Pour l’événement de cette semaine, nous voulons partager le bonheur. Notre équipe choisira au hasard des personnes pour recevoir 5 000 € de prix », assure l’un dans un post du 7 mars. Message d’ailleurs doublé sur un autre compte, le 9 mars.

« Pour tous les chanceux d’aujourd’hui. juste pour ce mois [sic...] je veux partager le bonheur. Je choisirai au hasard des personnes pour recevoir un prix de 100 000 € pour 20 gagnants », indique un autre dans une publication du 6 mars.
 

La fortune vous sourit ? Uniquement contre vos données banquaires...

 
Chacun demande de remplir un formulaire en ligne, mais, ô surprise, quand on se rend sur la page, la somme avancée est différente : 10.000 € sont en jeu — de quoi susciter l’appât du gain. Sauf qu’en tentant de poursuivre son inscription — chose qu’il ne FAUT SURTOUT PAS FAIRE — l’internaute est redirigée vers les pages d’une vieille arnaque pour amateurs de livres numériques.

Il s’agit en effet de renvoyer vers des sites totalement bidonnés, qui offrent un accès à des livres et films, de façon illimitée et gratuitement. Évidemment, il faudra renseigner ses coordonnées bancaires à un moment ou un autre — et découvrir au fil des mois qui suivent des débits totalement inattendus.
 

Not in my name !


Le problème est manifestement connu de La Grande Librairie, qui vient à ce titre de communiquer officiellement sur cette fraude. L’émission, alertée par les réseaux, indique avoir reçu plusieurs messages ces derniers jours. Et dément, bien entendu, toute implication dans ces jeux présumés.

« En aucun cas nous n’organisons de jeu-concours impliquant des gains d’argent. Le seul concours que nous organisons a pour but de vous faire gagner les livres de nos invités et se trouve exclusivement sur nos pages Facebook et Instagram. »

Et d’ajouter : « À l’exception de ces pages, tous les autres profils vous contactant en vous promettant des gains ou des cadeaux, n’ont rien à voir avec cette émission. »

Avec un tant soit peu de prudence, on remarque assez vite que les sites sont de pures truanderies : que ce soit pour Oatymedia ou Moringe, les deux marques concernées, les sites internet artificiels, photos découlant de banques de données, offres fallacieuses, contredites à l’intérieur même du site… bref, pas de quoi nourrir la moindre confiance — sauf à utiliser l’image de François Busnel, et son capital sympathie, évidemment. 

De même, les faux-comptes Facebook, usurpant l’identité de l’animateur, sont totalement vides — chose étonnante pour une personnalité publique de cette envergure. Ni photos ni commentaires, simplement ce message, cas de phishing classique : on garantit à l’internaute qu’il est sollicité par un tiers de confiance, pour obtenir ses données personnelles.

L’édition a d’ailleurs été victime, dans le cas de manuscrits sensibles, comme celui de Margaret Atwood, mais également du côté de la librairie indépendante.
 

La nature a horreur du vide


D’ailleurs, ces méthodes découlent souvent d’un vide laissé par une personnalité : souvent, un petit canaillou va créer un compte avec le nom d’une figure connue du public, mais simplement pour occasionner un canular grotesque. 

Et le plus régulièrement, annonçant la mort d’une autre personnalité. Ici, c’est l’absence de l’animateur sur Twitter et plus spécifiquement Facebook qui permet l’usurpation d’identité – les comptes officiels sont validés par les réseaux, et la traque aux pirates s’effectue plus efficacement.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Oui, c’est bien le grand Richard Powers, l’auteur de « L’arbre-monde » (l’un des plus beaux livres sur la catastrophe écologique qui nous menace) et du prodigieux « Le Temps où nous chantions » (pour ne citer que deux pépites au coeur d’une oeuvre incroyablement originale et ambitieuse) qui m’accueille chez lui, dans les Smoky Mountains.  Cela faisait longtemps que Richard me proposait de venir découvrir ses montagnes, la dernière forêt primaire des Etats-Unis. Ma première rencontre avec Richard Powers remonte à 2008. Il vivait alors dans le Midwest, sur le campus de l’université de Champaign-Urbana. J’avais passé trois jours enchanteurs chez lui. Il venait de remporter le National Book Award pour « La Chambre aux échos » que j’avais adoré. En 2011, j’étais retourné le voir pour mes « Carnets de route », toujours dans le Midwest. Nous sommes resté proches. Pour America, il a écrit l’an dernier un texte courageux et lucide sur les incendies qui ravagèrent la Californie et le climato-scepticisme délirant de l’actuel locataire de la Maison-Blanche. Et me voilà chez lui, dans le Tennessee, histoire de voir les grands arbres qui nous protègent et à qui nous devons tant. Il fait très froid, mais c’est sublime. Promis, on vous montre tout ça bientôt @lagrandelibrairie !  #richardpowers @americamook

Une publication partagée par François Busnel (@francoisbusnel) le

Richard Powers et Francois Busnel


Le seul réseau que François Busnel utilise régulièrement est Instagram, toujours avec des publications liées à La Grande Librairie. Et bien entendu, le compte a été authentifié…


Commentaires
Ah non ! Pas d'arnaques en son nom ! FB n'est pas seulement le gendre idéal. La formule est "au moins" limitative. C'est un lecteur passionné, pertinent, éclectique, un journaliste surdoué, sensible et un homme qui porte une grande attention au monde, aux livres, à ceux qui les écrivent et à ceux qui les lisent. Sûr suis que c'est grâce à lui que bon nombre de lecteurs savent "quoi" lire. Et quand un roman ne nous fait pas de l’œil malgré l’interview de son auteur(e) par François Busnel, c'est quand même positif : au tour de notre portefeuille de respirer.



Je le suis depuis le début de LGL, je me suis désabonnée de "Lire" quand son propriétaire a changé pour acheter "America". Et c'est grâce à lui que j'ai découvert Joseph Boyden (entre autres), un de mes "chouchous" canadiens, à qui j'ai "osé" dire aux Étonnants Voyageurs de Saint-Malo qu'il était pour moi le "fils spirituel" de Jim Harrison. Ses "Carnets de route" sont à voir et à revoir, bourrés de rencontres éblouissantes que nous partageons avec passion (Au hasard Toni Morrison). Ils m'ont donné la passion des auteurs amérindiens et valu des centaines d'heures de recherches (et d'indignations) sur ce génocide jamais nommé sauf par Jim Harrison, Richard Wagamese, Boyden et quelques autres, y compris des auteurs français (Emmanuelle Pirotte dans le sublime "Loup et les hommes")... Merci François Busnel d'avoir ouvert cette porte sur l'Amérique et de nous avoir permis d'y poser un autre regard que celui véhiculé par les westerns de nos parents ou grands-parents). Oui, on est loin, très loin, de l'arnaque aux gains (d'argent) fabuleux !



Alors, qu'on laisse les gentils avec les gentils, qu'on arrête d'arnaquer les gens sur Internet, et surtout pas au nom de François Busnel ! Les lecteurs sont intelligents, suffisamment pour ne pas imaginer une seconde que celui-ci prêterait son nom à de telles magouilles. Foutons-lui la paix, laissons-lui le temps et l'occasion de nous faire dépenser des sous dans les librairies et de nous régaler de la musique des mots contenue dans les livres... La lecture est une nécessité même pour ceux qui ne le savent pas encore. C'est le seul moyen de comprendre et transformer le monde. Il n'est peut-être pas trop tard. Merci à François Busnel de nous le rappeler chaque semaine. C'est à ça et seulement ça que sert sa réputation.

Cathy la SL
Merci à toi François. Nous sommes bien avertis !
Merci ou présentateur d'évoquer son savoir sa passion.



Dans ce cas hélas non isolé, nos si savantes technologies sont petites
Le piratage des comptes Facebook est monnaie courante.
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