Attention au contrat d'agence, réminiscence du Net Book Agreement

Clément Solym - 06.12.2010

Lecture numérique - Législation - librairies - contrat - agence


Le libraire Waterstone's comptait dans les membres de ce bastion de résistance, lorsque Hachette UK avait annoncé le passage généralisé au contrat d'agence pour ses livres numériques. Désormais, l'éditeur fixerait les prix des ebooks, et impossible pour le libraire de faire des rabais, comme avec le papier.

On s'en souvient sans peine : ce mouvement avait provoqué une levée de boucliers. Plusieurs de ses confrères en ligne avaient alors retiré les ouvrages de l'éditeur de leurs étals. Et puis, avec le temps et les négociations, tout cela s'est peu à peu assoupli.

Au cours de la FutureBook 2010, organisée par nos confrères du Bookseller, le libraire est revenu sur cette question, estimant que cette adoption généralisée n'a pas été heureuse ni profitable pour tout un chacun. D'ailleurs, l'autre problème est que le tarif décrété par les éditeurs n'était pas non plus équitable pour les consommateurs.


Simplement, Nick Harkaway résume bien la situation : en adoptant le contrat d'agence, le secteur du livre s'arme de l'outil qui semble le plus à même de « restreindre le contrôle qu'Amazon opère sur le marché de l'ebook ». Bonne réponse, mais pour Waterstone's, cette décision relève du désaveu : « Nous avons perdu la capacité de vendre une très grande part de nos catalogues durant de nombreuses semaines, et nos clients en ont souffert. »

Si pour le moment, juger de la réussite ou de l'échec du modèle d'agence est encore largement prématuré, mais pour Alex Ingram, peut-être que ce type de solution n'est pas forcément juste pour tous les ouvrages.

Un autre opposant, The Book Depository, qui n'a toujours pas remis en vente les livres numériques soumis au contrat d'agence. En empêchant la possibilité des ristournes, les éditeurs freinent un marché qui se développait bien avant d'imposer ce modèle. La question reste donc de déterminer si cet outil est réellement profitable pour le marché, autant que pour la persistance de la librairie.

En France, le prix unique du livre avait, à l'époque de sa création avait permis aux éditeurs de préserver leurs ouvrages, mais par conséquent, de sauvegarder également la librairie indépendante et de maintenir un secteur du livre fort. En Angleterre, l'avertissement de Nick Harkaway reste cependant clair : garder un contrôle sur les prix certes, mais « les éditeurs doivent être raisonnables et cela ne devrait pas être utilisé comme une excuse pour tenter de rétablir le Net Book Agreement ».

C'est à dire la loi sur le prix unique du livre, dans sa version anglaise, supprimé dans les années 90... En mars 97, le principe avait été complètement aboli, au nom d'un commerce libéré...




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