Aurélie Filippetti reste sans voix face aux finances de ReLIRE

Antoine Oury - 24.10.2013

Lecture numérique - Législation - registre ReLIRE - financement - Aurélie Filippetti


La venue d'Aurélie Filippetti au Forum de la SGDL n'était pas seulement l'occasion pour la ministre de préciser son agenda concernant l'accord entre les auteurs et les éditeurs sur le contrat à l'ère numérique. Ce fut aussi l'occasion de revenir sur quelques projets en cours, et notamment la mise en place de ReLIRE, la fameux Registre des Livres Indisponibles en Réédition Électronique.

 


Talk Shows On Mute

ReLIRE, oui, mais en silence (Katie Tegtmeyer, CC BY 2.0)

 

 

Il y a tout juste une semaine, ActuaLitté révélait que le financement de ReLIRE, Registre des Livres Indisponibles en Réédition Électronique, était toujours exsangue. Si la base de données, ainsi que la conception du site, ont déjà été financées par le Centre National du Livre, à hauteur de 289.000 €, il reste désormais à faire entrer les liquidités nécessaires à la numérisation des 50.000 oeuvres apparaissant dans la première liste.

 

Depuis le 21 septembre, comme l'a rappelé la ministre, ces oeuvre sont entrées en gestion collective. « Les éditeurs concernés se sont vus proposer par la Sofia une licence préférentielle et exclusive » sur l'exploitation des oeuvres numérisées. Mais, avant d'en arriver à l'exploitation, il faut numériser, et trouver à peu près 50 millions € (l'estimation est de Bruno Racine, directeur de la BnF) pour ce faire.

 

« Le ministère », explique Aurélie Filippetti, « prend part au financement, mais la dimension économique doit demeurer prioritairement portée par l'interprofession, et l'éditeur en premier lieu », explique-t-elle avant de souligner que les éditeurs sont actuellement en discussion avec le Commissariat général à l'investissement.

 

Interrogée par ActuaLitté sur le financement de la numérisation, Filippetti, enrouée, déclare simplement qu'elle « n'[a] plus de voix ». Quant à Nicolas Georges, directeur du Service du livre et de la lecture, il s'est montré tout aussi peu loquace, nous conseillant de nous tourner... vers la ministre.

 

Omertà au ministère !