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Aurélien Bellanger et Bernard Werber, pas coincés de l'ebook

Antoine Oury - 25.03.2013

Lecture numérique - Usages - Aurélien Bellanger - Bernard Werber - salon du livre


Au Salon du Livre, la scène numérique a petit à petit acquis ses lettres de noblesse, tandis que les problématiques abordées se sont affinées et précisées, et que les interventions des uns et des autres se sont faites moins alarmistes, à de rares exceptions. Aurélien Bellanger et Bernard Werber, deux auteurs de récents best-sellers, l'ont prouvé ce dimanche après-midi.

 

 

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De gauche à droite : Karine Papillaud (modé), Aurélien Bellanger, Élodie Perthuisot, Bernard Werber (Fnac),Michael Tamblyn (Kobo) et son interprète 

 

 

Certes, les deux invités ne sont pas n'importe qui : Bernard Werber s'essaye régulièrement à des expérimentations technico-littérares qu'il relaie sur son site (il fut l'un des 1ers écrivains français à développer le sien), et Aurélien Bellanger a fait grand bruit l'année dernière avec La Théorie de l'information (Gallimard), texte qui faisait, entre autres, l'historique des technologies de l'information et de la communication.

 

Les nouveaux rapports au livre sont avant tout ceux des auteurs : « Je voudrais simplement commencer en citant Gérard Théry, l'inventeur du Minitel, qui en 1978 prédisait la fin de la civilisation du papier. C'est un peu ce que j'ai voulu raconter dans mon livre, la préhistoire de ce mouvement. » Bernard Werber remonte à son premier succès en Russie, provoqué par l'agitation autour de fichiers pirates d'un de ses romans, massivement partagés sur le Web. Le titre a attiré l'attention d'un éditeur local, qui a pu exploiter l'oeuvre et rémunérer l'auteur. « Il ne faut pas avoir peur de la technologie, il faut l'accompagner », termine-t-il.

 

Les deux auteurs ont des alliés à la table : Élodie Perthuisot, directrice du livre à la Fnac, et Michael Tamblyn, chargé des contenus chez Kobo et venu spécialement des USA, donnent d'autres arguments à Karine Papillaud, journaliste littéraire. « Il nous faut avant tout des nouveautés en numérique, et nous poussons les éditeurs à baisser les prix, parce que les lecteurs qui sont intéressés par le numérique ne sont pas que des geeks, il y a aussi des grands lecteurs », explique Perthuisot.

Bernard Werber aborde les possibles depuis un autre angle : « Si les jeunes aiment lire sur leur iPad, sur leur iPhone, je ne vois pas pourquoi on leur refuserait cela. Ce qui compte, au fond, c'est qu'il y ait davantage de lecteurs. » Une indifférence pour le support qu'il faut entretenir en les plaçant sur un pied d'égalité : le prix unique du livre numérique garantit la stabilité du marché.

 

Du côté de la création


Quand Élodie Perthuisot avance que la lecture enrichie n'en est qu'à ses balbutiements, Aurélien Bellanger tique : « Être auteur, c'est créer un bloc fermé, je ne veux pas commencer à mettre des liens ou d'autres contenus. Pour La Théorie de l'information, j'ai voulu développer ce côté encyclopédique, pour éviter que le lecteur aille sur Wikipédia. » Pas besoin « d'enrichir » un texte pour Aurélien Bellanger, et pour d'autres acteurs du livres numériques, commentant en direct...

Le débat sur les réseaux a précédé les approches opposées des deux auteurs sur le Salon, dans lequel créateurs, éditeurs et lecteurs se jettent à corps perdus, à coup de billets, de tweets et de gueule :

Twitter accueille évidemment les conversations les plus vives.

Une autre Théorie de la communication ?

Amusant de voir comme les lecteurs deviennent vite des militants, montrant leur soutien à telle ou telle ligne éditoriale :

Ça pourrait presque virer en bataille de Twitt(H)ernani...

 

Bernard Werber part très loin, décidément habitué des espaces cosmiques : « Moi ce qui m'intéresse, c'est capter les 5 sens, je veux un divertissement dans le sens noble du terme. » L'écrivain aimerait disposer d'une prise jack en bas de la nuque, diffuser ses « images » aux lecteurs. Livre enrichi pour imagination fertile ? Werber explique qu'il n'a rien contre la modification de ses textes par les lecteurs, tant que l'original est identifié : un système Wikipédia, une autre approche du livre numérique.

 

Bellanger temporise à nouveau : « Cela me fait un peu penser au livre dont vous êtes le héros, j'en ai lu quelques-uns pendant mon adolescence. C'était marrant deux minutes, et puis... » Tamblyn rappelle, avec l'aisance d'un orateur rompu à la tenue du microphone : « Le grand atout de la lecture numérique reste la communauté d'échanges qu'elle créé avec les lecteurs. » Ne pas oublier que Kobo a créé Reading Life, application pour partager ses lectures et gagner des récompenses sur Facebook.

 

Un débat connecté aurait eu tellement plus de gueule... Monsieur le commissaire général ?




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