Autoédition : la responsabilité des contenus incombe aux agrégateurs

Antoine Oury - 19.11.2013

Lecture numérique - Législation - contenus offensants - autoédition - ebook


Il y a quelques semaines, plusieurs revendeurs ou agrégateurs d'ebooks sombraient dans la tourmente avec la découverte de livres numériques autoédités dans leurs boutiques. Pas n'importe quels ouvrages, évidemment : zoophilie, inceste et autres joyeusetés mises à la portée de tous... Le site du libraire WH Smith avait été mis hors-ligne pendant 4 jours, pour éviter le scandale.

 

 

Censored

(quinn.anya, CC BY-SA 2.0)

 


Suite à l'événement, la Bookseller Association, qui réunit les libraires physiques numériques, avait promis de se réunir pour statuer sur l'acteur auquel incombait la responsabilité de filtrer ces ouvrages indésirables. Entre-temps, l'agrégateur et producteur d'ebooks autoédités Kobo, fournisseur de WH Smith, changeait ses règles d'utilisation pour éviter de nouveaux cas.

 

À la sortie de la réunion, Sydney Davies, à la tête du commerce et de l'industrie à la Bookseller Association, a tranché : « Le conseil de la Bookseller Association examinait si elle devait mettre en place des mesures pour éviter la présence de livres pornographiques dans l'autoédition. Le conseil est parvenu à la conclusion que cette mesure relevait de la responsabilité des agrégateurs de livres numériques. »

 

En somme, le libraire désireux de vendre des livres numériques sans se retrouver coupable de vente de contenus pornographiques à un mineur devra se manifester auprès de son fournisseur d'ebooks, pour lui demander de filtrer les contenus qu'il lui fait parvenir. Ce sera donc aux différentes plateformes, qu'il s'agisse de Kobo ou d'Amazon, de veiller à la conformité des contenus fournis aux revendeurs.

 

Kobo a par ailleurs été salué par la Bookseller Association pour s'être rapidement prémuni contre ce type d'ouvrages au contenu offensant, en changeant ses règles de mise en ligne et en retirant rapidement les titres incriminés. Un porte-parole de Kobo a souligné que la firme souhaitait « protéger la réputation de l'autoédition dans son ensemble ».

 

Une seule voix s'est élevée pour prévenir contre le délit de censure : celle de Robert Sharp, de l'English PEN. « Il faut que nous nous souvenions que la grande littérature est souvent très "violente", et ce seul critère ne devrait pas être suffisant pour supprimer un livre », a-t-il tenu à souligner.

 

(via The Bookseller)


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