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Autopublication : Chez Amazon, on préfère acheter sans DRM

Julien Helmlinger - 22.07.2014

Lecture numérique - Usages - Amazon - DRM - Piratage


Si le phénomène avait déjà été évoqué par des observateurs de l'industrie musicale, une nouvelle étude semble corroborer la théorie voulant que les DRM aient un effet délétère sur les ventes d'ebooks. Celle-ci est publiée sur le site Authorearnings.com, qui en est à son troisième trimestre d'études visant à déterminer comment maximiser les revenus des écrivains et déterminer les dernières tendances. Alors que les grandes maisons d'édition s'investissent toujours dans les logiciels anti-piratages, l'observation des listes de best-sellers autopubliés via Amazon, le 14 juillet, semble indiquer que ces titres gagnent à être dépourvus de DRM.

 

 

 

 

La maximisation des revenus des auteurs ne devrait pas être prise à la légère, et dépendrait parfois de ces petits détails qui font toute la différence. Au fil de trois enquêtes, le site web aura rassemblé son lot de données chiffrées lui permettant de tirer ses propres conclusions quant aux ventes unitaires de livres, quant au salaire brut et autres bénéfices des auteurs. Et ses archives sont destinées à être enrichies à mesure. La dernière étude est intéressante pour les conclusions qu'elle livre à propos de la protection d'oeuvres par le biais de DRM.

 

Ce 14 juillet, les ebooks autopubliés représentaient 31 % de l'ensemble des ventes numériques observées, mais se seraient par ailleurs nettement mieux vendus lorsque proposés au client sans ajout de DRM.

 

Dans la liste des best-sellers Amazon, la moitié des titres autopubliés en était dépourvue. Les publications DRM-free auraient pesé en revanche pour 64 % de la globalité des unités écoulées dans la catégorie autopublication. La solution antipiratage semble ainsi plutôt vaine, tandis que l'éditeur Tor Books annonçait déjà n'avoir eu à déplorer aucune augmentation de piratage de ses productions après avoir tenté l'expérience d'abandonner l'usage de DRM pour ses titres.

 

Plusieurs défauts ont régulièrement été pointés pour ce qui touche à la protection d'oeuvres via DRM. Non seulement le système peut être supprimé par un usager averti, mais en outre il peut être perçu comme un point négatif pour l'expérience du consommateur, en contraignant ce dernier à rester fidèle à la même plateforme de lecture. Or, le client est roi, et aime à le rappeler de temps à autre à ceux qui viendraient à l'oublier.

 

Cette conclusion toutefois reste sujette à caution. Parce que la firme de Jeff Bezos se refuse à dévoiler l'intégralité de ses ventes d'ebooks, il aura fallu aux enquêteurs faire leurs propres estimations à partir des données officielles à leur portée : les chiffres qu'auront bien voulu communiquer les auteurs de la liste de best-sellers. Par ailleurs, on peut toujours se demander si la théorie ne serait pas le simple fruit du hasard, et combien de clients sont conscients d'acheter ou non des oeuvres protégées par des DRM...