Aux Philippines, le livre numérique sans crainte, vecteur d'espoirs

Clément Solym - 07.09.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - kindle - philippines - ebooks


L'incident - ou l'apocalypse, il faut demander à Beigbeder - est survenu le 20 mai. Amazon déclarait que pour la première fois dans son histoire, les ventes d'ebooks dépassaient celles de livres papier.

Aux Philippines, ces questions de numérisation et de patrimoine littéraire numérique n'interrogent pas moins les acteurs du livre qu'ailleurs. Les éditeurs s'étaient l'an passé retrouvés pour une table ronde, afin d'évoquer ce futur où les pages de papier sont changées en boîtes d'aluminium ou de plastique, et où l'encre devient... électronique.

La semaine prochaine, au cours de la 32e Foire internationale du livre de Manille, Vibal Fondation, un des éditeurs présents lors de cette réunion, va lancer Vibe, sa version maison du Kindle Store. En parallèle, notons que les Presses universitaires des Philippines ont également amorcé la pompe numérique, et commercialisent, par Amazon, leurs propres titres.


Carljoe Javier, le responsable de ce programme, explique que la commercialisation numérique permet avant tout de dépasser les contraintes classiques de la distribution et de la vente. Tout en économisant sur les coûts connus de ces éléments. Le prix de vente, pour autant, ne sera pas démesurément moins cher : 250 pesos philippins (4,2 €) pour la version numérique, contre 4,99 $ sur Amazon (soit 3,54 €).

Par la suite, d'autres librairies en ligne seront amenées à commercialiser les ouvrages - Barnes & Noble, Apple... L'objectif pour l'éditeur reste de proposer l'intégralité de son catalogue sous ce format, pour arriver à de nouvelles rentrées d'argent. Et comme toujours, ce sont les éditeurs scolaires qui sont en première ligne...

L'avantage d'Amazon, c'est surtout celui d'une plateforme mondiale : même si 1 ou 2 % des clients du cybermarchand s'intéressent au titre, ce sera toujours plus de ventes que les 1000 exemplaires papier qu'un auteur peut envisager.

Reste alors la question du piratage : « Ça va arriver », on le sait, et l'on redoute cela. Mais si les pirates ont décidé de se lancer dans l'aventure, rien ne pourra les arrêter. On espère simplement que la formule qui sera mise en place aura raison des velléités des internautes. « Avec ce que nous faisons, il sera beaucoup plus facile d'acheter un livre que de passer du temps à faire des recherches pour un fichier Torrent de l'ouvrage, de l'obtenir en PDF, et de le convertir dans un format lisible sur votre appareil. »

Une question de temps gagné et de confort, toujours aussi primordiale.
(voir notre actualitté)  Et qui démontre peut-être ainsi toute la maturité des acteurs philippins qui se lancent sur le marché ?