Avec iRiver, Google eBooks lance surtout un appel à partenariats

Clément Solym - 18.07.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - google - ebooks - partenariats


Avec l'annonce du partenariat entre Google eBooks et le lecteur Story HD de iRiver - lequel est tout de même loin de faire l'unanimité, en termes d'utilisation - la presse entière s'est enflammée. Enfin, un lecteur ebook sorti par Google. Sauf que nan, du tout. Tout faux...

Que ce soit Philippe Colombet, de Google Livres France, dernièrement interrogé par un journal polonais, ou encore Pratip Banerji, chef de produit Google eBooks, le son de cloche est encore et toujours le même, quoi que Colombet ait plus le sens de l'image. « Pour lire un livre imprimé vous n’avez pas besoin de lunettes d’une marque spécifique », explique-t-il.

Évidemment, il s'agit là d'un travail d'évangélisation pour convaincre les éditeurs du pays de s'emparer de l'ebookstore et commercialiser leurs livres numériques par ce biais. Mais qu'importe, le message reste.

Sûrement pas d'exclusivité

Non seulement Google n'a pas lancé de lecteur ebook, mais plus simplement encore, c'est bien iRiver qui a monté une API - que n'importe quel autre fabricant pourrait mettre en place - pour justement connecter son appareil à la librairie de Google. Et Banerji le souligne : « Nous apprécions d'être [accessible, NdR] sur autant d'appareils qu'il est possible. » Donc, non, et re non, Google ne sort pas un lecteur dédié. (via Publishers Weekly)


C'est bien là d'ailleurs tout l'intérêt du système de cloud - notion à prendre avec des pincettes - que Google eBook a mis en place. Faire en sorte que l'on puisse acheter des livres numériques avec un compte Google, et que par la suite, l'ebook soit lisible avec n'importe quel type d'appareil.

Et attention à ne pas se méprendre : quand Banerji explique que « nous sentions que nous avions besoin d'un lecteur ebook dédié », Google avait surtout besoin de mettre au point un partenariat comme il l'a déjà fait sur la téléphonie mobile, avec HTC, par exemple.

Engagez-vous : rejoignez-nous !

D'ailleurs, l'exclusivité n'est pas du tout de mise : « Nous aimerions que d'autres fabricants s'associent à nous », ajoute-t-il. Il faut donc comprendre, une fois pour toutes, que l'accord entre iRiver et Google relève de l'annonce et de l'amorce d'une pompe à partenariats et sûrement pas de ce que l'on a pu lire, à savoir Google qui sort un lecteur ebook pour son service de librairie...

D'autre part, le Story HD n'est pas en mesure d'acheter des ebooks sur les ebookstores des libraires indépendants qui ont ouvert leur boutique via Google eBooks. Arguant d'un « trop gros problème technique », Banerji explique qu'il reviendra aux libraires d'adapter leur boutique à cet appareil.

Avec un catalogue de plus de trois millions d'ebooks gratuits, et « des centaines de milliers d'ebooks à acheter », en provenance d'environ 7000 éditeurs, Google revendique tout à la fois l'indépendance de son ebookstore, qui n'est pas contraint ni limité à un appareil de lecture, mais surtout, considère ce point comme un véritable atout.

De quoi retrouver les propos de Philippe Colombet
De cet accès dépend bien évidemment la circulation des livres et, par conséquent, du savoir : « Les livres sont des objets sociaux; les gens veulent partager ce qu’ils lisent et ce qu’ils aiment ».

Encore faut-il qu’ils puissent le faire rapidement, sans être découragés par des restrictions et un trop grand nombre d’opérations pour acheter.

Ainsi, « la facilité d’achat est cruciale » car elle rythme, me semble-t-il, le temps de vie d’une recommandation faite par un ami et l’acte décisionnel, impulsif, qui nous pousse à acheter un livre.
(via SoBookOnline)
Attention donc aux amalgames...