Avec le numérique, l'offre bundle prolonge la vie des livres imprimés

Clément Solym - 05.05.2015

Lecture numérique - Acteurs numériques - livres numériques - vente papier consolider - offre supplémentaire clients


Basée à Vancouver, la société BitLit s'est spécialisée dans la confection de bundles de livres numériques. Son dernier accord a été passé avec Macmillan et, plus spécifiquement, les livres de la maison TOR /Forge, filiale du groupe. Sans DRM, les fichiers de l'éditeur seront regroupés pour former des offres spéciales à 2,99 $ – tarif choisi avec l'éditeur. 

 

 

Sunoco Matchbook, 1930's

Allen CC BY NC 2.0

 

 

Mais par bundle qu'entend-on exactement ? Simple : BitLit offre aux lecteurs qui disposent déjà de la version papier du livre de se procurer l'exemplaire numérique. Une fois les vérifications d'usage et impérative effectuées, le lecteur reçoit alors son nouveau livre, tout fraîchement dématérialisé. 

 

Lancé en juin 2013, le service met toute son énergie à convaincre les éditeurs, les uns après les autres, des vertus de cet outil. 

 

L'application mise en place par le site s'adresse avant tout aux lecteurs qui se sont procuré la version papier d'un livre : à l'aide de l'appareil photo d'un smartphone, l'appli reconnaît la couverture de l'ouvrage, et fournit alors un lien vers la version numérique. Et, pour obtenir une réduction substantielle ou même l'ebook gratis, il suffira d'écrire son nom sur la première page de l'ouvrage, au-dessus des notifications sur le copyright.

 

En juillet 2014, HarperCollins décidait de se lancer dans l'opération, et après 85 petites structures, BitLit signait enfin avec un cador. Sauf qu'évidemment, il s'agissait d'une petite liste, très réduite, de titres, soulignait Peter Hudson, cofondateur. Mais d'autres exemplaires seraient ajoutés avec le temps. 

 

« La plupart des discussions sur le papier et numérique concernent l'opposition de l'un à l'autre. Je pense que le débat est mal posé, et rate cette vérité que les livres sont différents des autres médias physiques, comme les CD », ajoutait-il. La nuance serait qu'avec l'essor des iPod et autres appareils MP3, les utilisateurs étaient ravis de se débarrasser des supports physiques, pour profiter plus amplement de leurs collections d'albums, en permanence.

 

« Ce n'est pas le cas avec les ebooks. Même si vous n'allez pas relire vos livres, vous n'avez pas envie de les jeter quand vous les avez achevés — vous les rangez dans votre bibliothèque. »

 

Avec Macmillan, c'est une nouvelle enseigne d'envergure qui rejoint l'offre de service. D'autant que les demandes des lecteurs concernent autant La Stratégie Ender qu'Orgueil et préjugés, une palette plutôt large d'ouvrages. « Il est bien sûr utile de disposer d'un autre membre du Big Five à nos côtés », confirme Hudson. (via The Bookseller)

 

Affirmer qu'il y a une valeur à proposer la commercialisation complémentaire des titres sous leur forme numérique semble relever du bon sens. Et surtout, assure Hudson, son modèle économique est « intrinsèquement non cannibalisant », puisqu'il implique de valoriser une vente passée, pour fournir un nouvel exemplaire. 

 

Qui oublierait en effet que depuis septembre 2013 – tiens donc ! – Amazon a lancé un service sobrement baptisé MatchBook, qui propose aux clients de se procurer la version numérique pour tout livre imprimé précédemment acheté – format Kindle obligatoire, évidemment ? 

 

Amazon précisait que les clients doivent évidemment avoir acheté le livre sur Amazon.com pour recevoir leur copie numérique. Les livres seront vendus, dans ce format numérique, pour 2,99 $, 1,99 $, 99 cents ou offerts gratuitement. En suivant l'historique de leurs achats, les lecteurs pourront évidemment retrouver les ouvrages achetés, nul besoin d'avoir conservé le justificatif. Et bien entendu, les livres numériques pourront être consultés sur l'ensemble des appareils Kindle et des applications idoines. 

 

Chose fantastique, la saugrenue législation PULN, prix unique du livre numérique, en vigueur en France, autoriserait les éditeurs à proposer un modèle comme celui de BitLit. À quand ?