Avec le Web comme nouvel allié, l'imprimé bouge encore

Antoine Oury - 16.01.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Flore Roumens Seuil - François Bon publie.net - livre numérique


Comme pour sceller son adhésion au réseau des Cantines, le Labo de l'édition organise en ce début d'année une série d'événements intitulée « Print is not dead », en collaboration avec la Cantine de Paris, afin d'étudier les nouvelles relations de caractères entre les textes numérique et imprimé. Pour ouvrir les guillemets du dialogue, Flore Roumens, des éditions du Seuil, et François Bon, de publie.net, ont chacun évoqué leurs expériences.

 

 

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Binôme : du papier au numérique, aller et retour
 
 
Au premier abord, les deux invités semblent ne rien avoir en commun : Flore Roumens, éditrice aux éditions du Seuil, dans la collection Fictions et Cie créée il ya  40 ans par Denis Roche. Au sein de la maison, « les étapes sont nombreuses et il faut 6 mois pour faire un livre, on est plutôt dans le quantitatif ». Comme nombre d'éditeurs français, Fictions et Cie propose principalement des EPUB et PDF « homothétiques », c'est-à-dire de simples transcriptions en numérique de livres papier.
 
Et pourtant, Flore Roumens souligne l'envie d'éditrice qui l'étreint à la lecture de certains textes, comme celui de l'historien Philippe Artières, Vie et mort de Paul Gény, qui sort aujourd'hui même chez Seuil. Face à ce jeu littéraire avec les archives, et l'inclusion d'images, « des structures numériques viennent tout de suite à l'esprit » souligne-t-elle. L'année dernière, Fictions et Cie sortait, sur impulsion de Flore Roumens, le recueil de nouvelles Ah, de la blogueuse, hackeuse et auteure Emma Reel.
 
Une expérience intéressante, mais trop rare, et visiblement pas prise au sérieux par les services marketing : « Nous avons tenté de proposer des mises en page variées, peu satisfaisantes de mon point de vue, en se débrouillant avec le peu d'argent à notre disposition » explique-t-elle en faisant la moue. À ces difficultés de budget s'ajoute la frustration d'une volatilité du format, qui rend « atroce » la mise en page au bon vouloir des supports de lecture. Malgré quelque 4000 EPUB écoulés (pour 10 PDF) de Peste & Choléra, par Patrick Deville, le développement d'une véritable offre numérique originale n'est pas encore pour demain, d'autant plus que le secteur poche, ultra-lucratif, ne doit pas être concurrencé.
 
Face à une politique numérique qui privilégie encore les seuls best-sellers (La France de Raymond Depardon en version augmentée est déjà prévu pour l'an prochain), les propositions de François Bon au sein de sa maison publie.net semblent encore relever de l'utopie gratuite pour beaucoup : cela fait pourtant depuis 1996 qu'il planche sur la question des relations entre Web et imprimé. Augmentez le volume et faites abstraction de l'enregistrement qualité aquarium, ces quelques 2 minutes valent l'écoute, avec l'imitation en plus :
 
 
 
 
« On est encore aux tout petits débuts du POD [Print On Demand, impression à la demande, NdR] » explique l'écrivain et éditeur, pionnier en matière de littérature sur le Web, à propos de l'expérience publie.papier qui permet d'acheter les livres numériques de la maison en version papier (avec un code pour obtenir l'ebook gratis). 60 % du chiffre de la maison est issu des téléchargements, le reste du streaming ou du POD et, l'année dernière, 17.000 € de droits ont été redistribués aux auteurs, sourit François Bon.
 
Plus en danger que l'imprimé, l'EPUB paraît bien trop limité au fondateur, gérant et directeur de publie.net : « L'aspect social du Web le rend premier bien plus vaste que l'ebook. » Et permet de rendre visible la production contemporaine, texte et poésie : avec 36.000 téléchargements en 2012, publie.net est arrivé « à des équivalences, sur le contemporain » par rapport à l'édition traditionnelle, en terme de promotion et de revenus.
 
 



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