L'offre ebook : forte disparité entre petits et grands éditeurs français

Clément Solym - 10.09.2015

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L’offre de livres numériques en France a fait l’objet d’une enquête de KPMG, la deuxième édition d’un baromètre qui a sollicité 75 éditeurs indépendants et 7 groupes. On y observe des positions assez tranchées dans le secteur : « Ceux qui disposent d’une offre numérique poursuivent son développement tandis que les autres ont souvent renoncé à se lancer », note le cabinet d’analyse.

 

Kindle tactile d'Amazon déballage

ActuaLitté CC BY SA 2.0

 

 

Toutes les maisons françaises affichant un chiffre d’affaires supérieur à 20 millions € disposent aujourd’hui d’une offre numérique, mais, chez les plus petites, moins de la moitié s’est engagée. KPMG parle d’une effervescence qui a couru de 2011 à 2012, en même temps que l’essor des tablettes, mais se serait ralentie.

 

« Près de la moitié des éditeurs n’ayant pas encore pris le virage du numérique n’envisage pas de se doter d’une telle offre. Deux sentiments dominent chez ces derniers : l’inadaptation au secteur éditorial et la difficulté ressentie pour le développement d’une offre numérique, notamment pour une petite structure. »

 

23 % des éditeurs ne disposant pas encore d’offre numérique ont toutefois décidé de se lancer : 10 % à court terme, 13 % à  moyen terme et aucun à long terme. Alors que les premiers déclarent n’avoir plus de difficulté à surmonter, les seconds s’interrogent encore sur les modes de commercialisation et cherchent à mieux comprendre le marché. Malgré tout, l’obtention des droits numériques ou les difficultés techniques ne sont plus un obstacle pour eux.

 

Parmi les éditeurs disposant d’une offre numérique, 31 % ont déjà numérisé plus de la moitié de leur catalogue même si le coût de numérisation du fonds reste élevé.

 

Amazon, le meilleur vendeur selon l'édition

 

Dans le même temps, l’offre uniquement numérique se développe : 34 % des éditeurs publient désormais des livres uniquement disponibles en version numérique contre seulement 25 % en 2014. Le numérique leur permet d’éditer des ouvrages trop coûteux en version papier du fait de leur faible tirage ou de mener des opérations de communication et de promotion en offrant des cadeaux aux lecteurs.

 

Pour ce qui est du livre enrichi, le soufflé à fait long feu : la moitié des éditeurs, ces titres n’ont pas la demande nécessaire, ou les ouvrages seraient inadaptés. 

 

Pourtant, le livre numérique se vend, et en priorité chez Amazon, « premier client des éditeurs ». Apple n’est pas bien loin, mais reste privilégié pour la BD et les Beaux livre. Là encore, le schisme est manifeste : les indépendants choisissent plutôt une plateforme d’intermédiation, entre eux et les revendeurs, alors que les groupes n’ont pas de préférence. 

 

« La commercialisation des livres numériques permet avant tout aux éditeurs d’atteindre un public différent. Au-delà, pour le secteur des Beaux-Livres, des livres pratiques et de la BD, le livre numérique permet également la réédition d’anciens ouvrages. Pour les secteurs Tourisme, Guide, Scolaires et Beaux-Livres, il permet aussi l’enrichissement de la version papier. »

 

Reste que les revenus liés sont encore moindres : on parle d’un résultat inférieur à 2 % « pour une majorité d’éditeurs », mais cela dépasse 5 % « pour un tiers d’entre eux, et même 10 % pour plus d’un éditeur sur 10 ». Et plus l’offre est abondante, plus les consommateurs s’engageraient. 

 

« Si, en 2014, la majorité des éditeurs prévoyait une part de marché du livre numérique de plus de 15 % à horizon 2020, ils ne sont plus que 38 % en 2015 » commente Joëlle Tubiana, Associée KPMG, Responsable du secteur Edition.