Baromètre 2017 du livre numérique en France : l'offre augmente, doucement

Clément Solym - 03.10.2017

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Le cabinet KPMG vient de présenter un baromètre réalisé auprès de 141 maisons d’édition autour du livre numérique. Les évolutions sont assez nettes, d’après ce que l’enquête réalisée entre mars et juin dernier a pu révéler. À ce jour, 70 % des éditeurs disposent d’une offre d’ebooks, ce qui montre une augmentation de 7 points depuis trois ans. 


Bookeen
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Il semble bien que les éditeurs fassent preuve d’une plus grande prudence encore : ils sont 33 % à ne pas avoir l’intention de se lancer à court terme – dont 25 % qui sont encore indécis. Pourtant, l’offre augmente : 80 % des nouveautés dans les librairies sont proposées en format numérique, même si la littérature reste la part la plus importante. 

 

Ce que les uns et les autres semblent chercher avec l’ebook pourrait toutefois bien être une sorte de Graal : les nouveaux lecteurs. Pour 40 % des répondants, ce format peut leur permettre de recruter – soit 5 % de plus qu’en 2014. Et dans le même temps, la rentabilité est un critère qui prend une place importante dans les objectifs annoncés. Ils sont 25 % à le présenter comme le deuxième point d’intérêt – soit 11 % de mieux.

 

Assez logiquement, le livre enrichi a perdu de son attractivité : difficile, voire impossible à rentabiliser, seuls 62 % des éditeurs y songent, contre 70 % en 2016. Quant aux éditeurs qui n’y trouvent pas d’intérêt, ils voient le livre enrichi comme un gadget, ou comme inadapté à leurs publications ou à leur secteur éditorial.

 

Le prix de vente, en moyenne, est de 30 % inférieur au tarif du grand format, pour 52 % des répondants. Seuls 3 % appliquent une décote de 50 % et plus – le gros se trouve entre 25 et 35 % de décote. On trouve en effet 30 % des éditeurs qui pratiquent une remise de 35 %. 

 

A contrario, 31 % pratiquent le même prix pour le format poche, quand 50 % rendent l’ebook moins cher et 19 % plus cher. Étrange comportement, dans tous les cas. De fait, 63 % ne révisent pas le prix de l’ebook lors de la sortie, alors qu’ils étaient 50 % à ne pas le faire en 2016. 

 

Le chiffre d’affaires, lui, n’évolue pas vraiment : entre 2 et 3 % des ventes totales, même si 36 % réalisent entre 4 et 10 % de leurs ventes. « Contrairement aux groupes qui sont plus de 9 sur 10 à avoir une part de CA numérique comprise entre 2 et 10 %, les éditeurs indépendants ont une activité beaucoup plus disparate, avec une part de CA numérique pouvant aller de 0 % à plus de 30 % », note le cabinet.
 

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Pour les auteurs, la situation est assez intéressante : 1 sur 5 est rémunéré en pourcentage des recettes nettes. Mais uniquement parce que « dans de nombreux cas la rémunération en % du PPHT doit être difficilement calculable ». 74 % des maisons rémunèrent cependant en pourcentage du PPHT. 

 

Les montants sont alors supérieurs de 20 à 50 % de la rémunération pour les ouvrages papier – pour autant, aucune tendance ne se dégage réellement.  

 

Enfin, 66 % optent pour une mesure de protection et c’est le watermarking qui prend une position privilégiée, ayant conquis 65 % des éditeurs. Le DRM dur reste pour 51 % une solution viable. Pour ce dernier, peu d’évolution en regard de l’an passé, mais le watermarking gagne du terrain – bravo au lobbying de Immatériel.
 

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Si l’inefficacité des mesures de protection reste le motif le plus cité, le coût et les freins à la vente sont désormais des raisons presque autant invoquées : 28 % pointent le coût, 34 % l’inefficacité, et 31 % le frein à la consommation.

 

Joëlle Tubiana, Associée KPMG, responsable du secteur Édition, explique : « Malgré une tendance à la hausse, le développement du livre numérique n’est pas celui auquel on pouvait s’attendre il y a quelques années, en particulier au moment du pic de 2012. Il se réalise toujours lentement et prudemment. » 

 

L’intégralité de l’étude est à retrouver ci-dessous.