Baromètre : Panorama 2014 de l'offre de livres numériques en France

Clément Solym - 10.03.2014

Lecture numérique - Usages - offre numérique - baromètre France - livres numériques


Le cabinet d'analyse KPMG vient de publier une étude portant sur l'évolution des maisons d'édition, et l'adoption du « virage numérique ». Selon ses résultats, le baromètre indique que 62,5 % des éditeurs se sont lancés dans l'offre ebook. Un éclairage intéressant sur « le développement de l'offre numérique en France », qui démontre clairement que le numérique est « une source de chiffre d'affaires supplémentaire », sans préjudice pour l'édition imprimée.

 

 

 

 

En effet, 97,1 % des éditeurs qui disposent d'une offre numérique considèrent que la cannibalisation n'est pas une réalité dans le marché du livre. Plus d'un quart des maisons, qui représentent chacune 50 millions € de chiffre d'affaires, indiquent que les ventes d'ebooks ont dépassé les 3 millions €. D'ailleurs, le volume de ventes numériques est proportionnel à la taille des maisons. « Il est compris entre 500 000 et 1 million d'euros pour 50 % des éditeurs réalisant un chiffre d'affaires global supérieur à 50 millions d'euros, alors que pour l'ensemble des éditeurs dégageant un chiffre d'affaires global inférieur à 500 000 euros, le volume de ventes numériques n'excède pas 100 000 euros. »

 

En outre, les dépenses engagées dans les développements numériques ont été compensées par un chiffre d'affaires suffisant. Les éditeurs considèrent également que l'ebook est une valeur montante : « 65,2 % des maisons d'édition disposant déjà d'une offre dans ce domaine prévoient que le livre numérique représentera plus de 15 % du marché du livre en France à l'horizon 2020. 56,3 % des éditeurs papier partagent cette opinion. »

 

Du côté des maisons qui n'ont pas encore mis en place leur offre numérique, 57,2 % des éditeurs prévoient de sortir leur propre catalogue. Les grandes maisons sont majoritairement présentes sur ce segment et toutes les maisons qui réalisent entre 20 et 50 millions € de CA disposent d'une offre ebook, contre 48,6 % des maisons réalisant moins de 5 millions € de CA. 

 

Cette croissance de l'offre numérique concerne enfin tous les domaines éditoriaux. « La littérature et les essais sont disponibles en version numérique dans 82,4 % des maisons d'édition interrogées, viennent ensuite le secteur de la jeunesse (75 %) et le scolaire (71,4 %). Ces ouvrages numériques sont commercialisés titre à titre par plus de 8 maisons d'éditions sur 10 (82,5 %), loin devant la commercialisation par bouquet (7,5 %), par abonnement forfaitaire (5 %) ou en vente couplée (5 %). »

 

Amazon et Apple sont les deux grands vendeurs en France

 

Cependant, une grande majorité de la production numérique concerne les nouveautés, 45,1 % de moins d'un an, et 33,3 % entre 1 et 5 ans. En revanche, pour 77,1 % des titres, la disponibilité numérique est concomitante de la parution en grand format. Le livre numérique enrichi reste le parent pauvre, puisque 42,9 % des éditeurs l'utilisent Parfois et 42,9 % Jamais. Chose intéressante, 25,7 % des maisons éditent des ouvrages au format numérique exclusivement

 

Enfin, 74,3 % des maisons proposent une offre numérique avec une décote, en regard du prix papier, et seuls 14,3 % proposent un prix dynamique. La révision du prix de l'ebook, lors de la mise à disposition auprès du public du format Poche, ne concerne que 25,7 % des éditeurs. Par rapport au prix du livre de proche, le prix de l'ebook est identique pour 55,6 % des maisons, plus élevé pour 11,1 % et moins élevé pour 33,3 %. 

 

 

 

 

Quant aux marchands, clairement, Amazon représente, avec Apple, les plus importantes sources de vente, quel que soit le poids de la maison. Celles qui réalisent entre 0 et 5 millions de CA penchent vers Amazon, 30,8 % contre 25,6 % pour Apple. A contrario, pour celles réalisant plus de 50 millions € de CA, la tendance s'inverse, à 27,8 % pour Amazon, contre 33,3 % pour Apple.

 

Pourtant, disposer d'une offre numérique pour un éditeur reste complexe : obtenir les droits numériques est le premier obstacle, et les coûts liés au développement de l'offre, l'autre problématique. Ces deux points sont mentionnés par 19 % des éditeurs sollicités pour l'occasion. 42,9 % d'entre eux font appel à des prestataires externes, contre 31,4 % qui internalisent la production numérique. 

 

Le dernier point, c'est bien entendu le piratage. Pour lutter, les éditeurs ont opté à 43,2 % pour la présence de DRM, contre 35,1 % qui préfèrent le tatouage numérique. Parmi ceux qui ont préféré ne recourir ni à l'une, ni à l'autre des solutions, ils sont 36,4 % à considérer qu'elles sont toutes deux inefficaces, et 18,2 % à estimer qu'elles peuvent limiter les ventes.

 

On notera encore que, si l'EPUB est le format dominant, pour 53,6 %, le PDF est encore et toujours commercialisé, puisqu'il représente 33,9 %. 

 

Le baromètre a été réalisé suite à l'envoi d'un questionnaire auprès de 138 maisons d'édition françaises, entre novembre et janvier. L'analyse a été réalisée sur la base de 56 questionnaires remplis par 51 éditeurs indépendants et 5 groupes. L'enquête sera conduite une fois par an afin de suivre l'évolution de cette offre.

 

Pour mémoire, le chiffre d'affaires généré par les maisons d'édition a diminué de -0,4 % en 2012 par rapport à 2011. On observe également des contrastes sont observés selon les secteurs éditoriaux : +5,3 % dans le secteur de la BD contre -3,5 % dans celui du scolaire, des sciences et dictionnaires. Les maisons d'édition dont le chiffre d'affaires est inférieur à 5 millions d'euros sont celles qui affichent les baisses de chiffre d'affaires les plus importantes sur la période (-0,5 % de chiffre d'affaires par rapport à 2011).