Belgique : Seconde phase de numérisation à la Bibliothèque royale

Lettres numériques - 24.10.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - Bibliothèque royale de Belgique - phase numérisation - journaux 20e siècle


Les bibliothèques et autres centres d'archives, gardiens du patrimoine, s'efforcent depuis plusieurs années de conserver et de communiquer toute la mémoire du monde, ou presque. Pour des raisons de temps et de budgets non extensibles, les établissements mettent au point un planning précis des numérisations à effectuer, avec en priorité les documents les plus fragiles. C'est le cas au sein de la Bibliothèque royale de Belgique, qui lancera prochainement sa seconde phase d'action.

 

 

Bibliothèque Royale de Belgique

La Bibliothèque royale de Belgique, à Bruxelles (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

À la Bibliothèque royale de Belgique, le travail de numérisation n'est pas une nouveauté puisque le processus a été enclenché il y a déjà près de 10 ans.

Avec Lettres Numériques

 

 

 

 

La presse quotidienne

 

Ce sont les journaux qui ont eu l'honneur d'être numérisés en premier lieu. En effet, ces matériaux, ô combien fragiles, constituaient pourtant des sources majeures pour les historiens, les journalistes et tout citoyen curieux. Considérés comme des mines d'or d'informations à sauvegarder et à diffuser, ces 70 titres parus entre 1830 et 1950 ont donc été numérisés, océrisés et enrichis de métadonnées entre 2005 et 2012. Cela signifie que l'on ne s'est pas contenté de numériser les documents sous la forme de photocopies numériques, mais que l'on a créé des documents qui permettaient la recherche dans le texte. Ainsi, ce sont à peu près 4 millions de pages qui sont désormais accessibles et qui révolutionnent l'exploitation de ces fonds.

 

« Le problème de cette numérisation concerne principalement la législation du droit d'auteur » nous explique Frédéric Lemmers, responsable de la numérisation. « En effet, à cause du caractère récent de certaines publications, il faudrait que nous puissions retrouver les ayants droit. Mais les articles sont parfois signés par des initiales ou des pseudo et résoudre ce problème des ayants droit serait non seulement un travail titanesque, mais également totalement infinançable. Nous avons donc dû opter pour la consultation en salle de lecture. Nous sommes conscients du paradoxe puisqu'au départ, la numérisation voudrait que la consultation soit possible en tous lieux et tous temps, mais actuellement, nous ne pouvons pas faire autrement. »

 

L'exemple de la musique dans les collections de la Bibliothèque royale

 

Pour la musique, de nombreuses sources très intéressantes ont également été numérisées. C'est le cas notamment d'un guide musical publié sans interruption entre 1865 et 1907 qui constitue une source majeure en ce qui concerne le rayonnement de la vie musicale en Europe et en Belgique. « C'était un hebdomadaire très demandé, mais qui était dans un état de délabrement tellement avancé qu'on avait été décidé de ne plus le mettre à la disposition du public. Dans ce cas précisément, notre mission consistait à la fois dans la sauvegarde du patrimoine, mais aussi à la diffusion et la promotion de nos collections. Aujourd'hui, nous pouvons à nouveau proposer, avec une possibilité de recherche calendrier et en plein texte, cet hebdomadaire d'environ 65 000 pages » raconte Frédéric Lemmers.

 

Le deuxième objectif de la numérisation consiste en une vitrine de la diversité du patrimoine conservé dans les collections. « Effectivement, on peut trouver sur Belgica (Bibliothèque numérique de la Bibliothèque royale de Belgique) de l'iconographie, de la musique imprimée, des carnets, des dédicaces, mais aussi des enregistrements sonores, et tout ça est libre de droits, donc accessible de n'importe quel ordinateur dans le monde pourvu d'une connexion. »

 

Les trésors numérisés

 

Des sources plus prestigieuses ont également été numérisées dans le but de les exposer à plus grande échelle, c'est notamment le cas du Deutsche Brüsseler Zeitung, dirigé par Karl Marx quand il était à Bruxelles ou du Vlaemsch België, premier quotidien flamand dans la capitale.

 

Le futur proche de la numérisation à la KBR

 

Prochainement débutera une seconde phase de numérisation. Elle va s'étaler sur les quatre années à venir pendant lesquelles il est prévu que la Bibliothèque royale numérise des imprimés des 19e et 20e fragilisés et menacés d'auto-destruction. C'est le cas d'imprimés courants et de musique imprimée, mais aussi d'une deuxième série de journaux puisque les 70 déjà traités ne sont qu'une infime partie des 2000 quotidiens que l'on peut trouver à la Bibliothèque royale.

 

Seront numérisés également des ouvrages anciens et précieux publiés avant 1800, essentiellement la collection musicale et prestigieuse de François Joseph Fétis, compositeur, critique musical et musicographe belge qui a cédé sa bibliothèque personnelle à la KBR et que l'on retrouve aujourd'hui sous le nom de « fonds Fétis ». Pour cette collection qui comprend un millier de références, le but de la numérisation était davantage lié à l'intérêt mondial qu'elle peut susciter qu'à l'état de fragilité dans lequel elle se trouvait.