BiblioLabs entend simplifier le prêt de livres numériques

Julien Helmlinger - 10.06.2014

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Il n'aura fallu que quatre années après le lancement de la gamme Kindle, pour qu'Amazon clame avoir vendu plus d'ebooks que de livres papier via sa plateforme commerciale. En revanche, le format numérique en bibliothèque n'aurait à ce jour été emprunté que par 6 % des usagers de services de prêt, selon une enquête de Library Renewal. Pour Andrew Roskill, directeur de la start-up BiblioLabs, ce retard serait dû à ces détours qui nécessitent de s'enregistrer sans cesse avec des comptes usagers et mots de passe, ainsi qu'à des politiques de retour perçues comme hermétiques. 

 

 

 

Selon lui : « Imaginez si vous utilisez Netflix, qu'à chaque fois que vous voulez regarder un film, il vous serait demandé de vous connecter à nouveau - et puis vous auriez ensuite à programmer votre télécommande. C'est essentiellement ce qu'il en est. Ce qui est triste, il y a en fait un grand nombre de contenu. C'est juste que l'expérience utilisateur est terrible. » Sa société entend en conséquence développer une alternative plus simple d'utilisation dans l'optique de garantir une offre de prêt numérique en bibliothèques.

 

Pour ce faire, BiblioLabs travaille en partenariat avec des maisons d'édition, des détenteurs de licences touchant aux contenus numériques ainsi que des bibliothèques pour simplifier le prêt en ligne. Son logiciel BiblioBoard permet aux services de prêt d'offrir instantanément toutes sortes de contenus, des plus simples ebooks aux versions audio, en passant par les images et la vidéo. À ce jour 1700 bibliothèques dans le Massachusetts l'ont adoptée, et des négociations sont en cours de finalisation concernant les États de l'Arizona et de la Caroline du Nord pour étendre sa pénétration.

 

Andrew Roskill, analyste qui observe cet enjeu depuis des années, est consterné. Selon lui les conditions de prêt actuelles pour les bibliothèques relèvent de la  « folie » : nombre limité de copies numériques à prêter simultanément à ses usagers, limites d'emprunt d'un ebook fixées à deux semaines. Lui, souhaite rompre avec ces conceptions abstraites de files d'attente sur le serveur et autres comptes à rebours avant disparition de fichiers empruntés. Pour lui il est temps que les bibliothèques à petit budget se pensent comme Netflix et puissent réponde de manière appropriée à la demande des consommateurs.

 

Il voit une autre impasse dans le fait que les bibliothèques concentrent leurs offres numériques sur les best-sellers essentiellement. Or selon lui, pour que les services de prêt restent pertinents à terme, l'expertise offerte par les bibliothèques doit couvrir un vaste éventail de sujets de recherche. Parce que désormais « n'importe qui peut taper sa recherche sur Google et obtenir un million de résultats ».