Bibliothèque par abonnement, l'artillerie lourde pour Amazon

Clément Solym - 13.09.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - tablette - kindle - abonnement


L'information fit hier une bonne centaine de fois le tour du net : Amazon envisagerait un service d'abonnement, à la manière de Netflix, pour sa tablette. Une somme forfaitaire, contre un accès illimité (?) à l'ensemble des contenus culturels ? Une sorte de bibliothèque payante, donc...

Le principe est très américain : le eat-all-you-can, ou mange autant que tu pourras jusqu'à t'en faire éclater la panse, se pratique beaucoup dans la restauration. On paye un montant X et c'est buffet à volonté. Pareil pour le service qu'Amazon pourrait donc mettre en place dans les semaines à venir. Mais les conditions de mise en place laissent pour le moment le champ libre à l'imagination... (voir notre actualitté)

Si bon nombre de bibliothèques proposent désormais, outre-Atlantique, d'emprunter un livre numérique, le service arrive aussi en France avec des acteurs comme la coopérative Publie.net. Pour ce faire, c'est avec un système de DRM chronodégradable que le livre est prêté. On insère un verrou numérique, qui détermine qu'au terme de X semaines, le livre n'est plus lisible. Cela remplace avantageusement le système de retour des livres physiques, et fonctionne avec une bien meilleure régularité.


C'est un système similaire qu'Amazon pourrait concevoir, où finalement, la location de livres numériques, et de divers autres contenus, qui offrirait alors aux éditeurs frileux, le fameux modèle économique qu'ils recherchent si ardemment avec le prêt d'ebooks en bibliothèque. On sait ainsi que le groupe Hachette, aux USA, s'est penché sur le problème, mais galère encore et encore à trouver une solution qui lui semble viable. (voir notre actualitté)

Si c'est Amazon qui présente la chose - un abonnement pour accéder aux livres, sans pouvoir les télécharger définitivement, et couplé avec un système de DRM chronodégradable - tout porte à croire que l'on devrait facilement y arriver. L'alternative serait alors de proposer une option d'achat directement dans l'oeuvre empruntée, pour simplifier la vente, dans le cas d'un consommateur frustré de n'avoir pas son fichier numérique à lui. Si tu nous entends, Renny, l'idée, depuis cet été, a peut-être fait son chemin...

Reste que, ainsi que nous l'expliquions hier, la réticence résidera probablement dans le contrat d'agence, pour lequel les éditeurs avaient lutté âprement. Il fallait bien que l'on fixe une grille tarifaire minimum, pour contrer les volontés d'Amazon, chez qui un ebook se vendrait plutôt moins de 10 $. Pas assez cher, estimaient les éditeurs étatsuniens, et on peut les comprendre.

Ce principe de bibliothèque numérique dans laquelle tout serait accessible à volonté, mais rien ne serait finalement possédé est une solution extrêmement simple à mettre en place. Dès lors que l'on obtient l'accord des ayants droit. Et après tout, dans le cadre des prêts de livres en bibliothèque, les auteurs américains perçoivent une redevance en fonction du nombre de livres empruntés. Dans ce cas précis, ils pourraient tout à fait pousser pour que le vent souffle dans le sens d'Amazon.

Quant au consommateur, nul doute qu'il y verra immédiatement son avantage. Surtout si on lui propose ce genre de service pour moins de 10 $ par mois.