Big Brother vous regarde : Projet Bradbury, semaine #7

La rédaction - 04.10.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - fahrenheit 451 - librairies - bradbury


Comme chaque semaine, Neil Jomunsi nous propose un nouveau texte. Pour rappel, Neil Jomunsi a décidé, en hommage au grand auteur américain Ray Bradbury, d'écrire une nouvelle par semaine pendant un an. Résumé de la semaine. À l'occasion de l'anniversaire de la publication de Fahrenheit 451, l'oeuvre-phare de Ray Bradbury, le jeune auteur s'est attaqué au thème des univers totalitaires et nous en propose sa version, logiquement intitulée... Celsius 233 (faites la conversion).

 

 

 

 

Ce qui se passe dedans :

Hector est un fonctionnaire zélé au service d'un état totalitaire et intrusif : son travail consiste à écouter les conversations des citoyens, à les placer sous surveillance vidéo, à les suivre dans la rue jusqu'à ce qu'ils fassent un faux pas — volontaire ou inconscient — et tombent sous le coup de la loi. Hector aime beaucoup son travail. Il y excelle même. Mais un jour, la machine répressive se retourne contre lui.

 

Un sujet qui tient à coeur à Neil, comme il l'explique sur le blog du Projet : si les systèmes politiques brutaux sont bien évidemment à éviter autant que possible, ils fournissent un excellent terreau pour les histoires.

Fahrenheit 451 avait été un grand choc évidemment, à l'époque où j'en ai fait ma première lecture, mais 1984 de George Orwell en avait été un autre tout aussi puissant. Je pense que c'est également pour cette raison que j'aime autant le concept-album Antichrist Superstar de Marilyn Manson, dont le thème renvoie à l'aspect grotesque du totalitarisme. Se dégage de ces oeuvres une sorte de frisson glacial teinté de prospective douloureuse et lointaine.

Ce n'est pas pour rien que les journalistes et commentateurs ressortent ces livres de leurs étagères poussiéreuses à chaque fois qu'une loi jugée liberticide est votée ou que Google annonce une nouvelle fonctionnalité trop intrusive. Ces oeuvres sont des phares : elles indiquent le chemin qu'il ne faut pas prendre. En cela, elles revêtent quelquefois un caractère prophétique. 


Cette semaine fut aussi l'occasion de réfléchir sur les librairies. Même si nous ne vivons pas (encore) dans un monde où les livres sont interdits ou brûlés, le numérique, la dématérialisation et la multiplication des acteurs concurrentiels (notamment Amazon) font que le commerce des livres est un business risqué pour qui veut s'y consacrer en indépendant. Neil Jomunsi a cette semaine posté un article à ce sujet, qui a fait couler beaucoup d'encre numérique sur les réseaux sociaux : "Faut-il laisser mourir les librairies ?"

 

Je pense pour ma part que les librairies ne pourront pas combattre le feu par le feu : la loi du prix unique empêche toute concurrence tarifaire avec un géant tel qu'Amazon, le combat est perdu d'avance et il vaut mieux ne pas perdre d'énergie dans cette bataille. La puissance de frappe du géant américain est telle que la seule possibilité de remporter cet affrontement consisterait à faire interdire Amazon en France. Cela n'arrivera pas. 

La bataille est celle du lieu physique — pour le livre numérique comme pour la vente par correspondance. Il s'agit de prendre pied dans la réalités et de proposer des alternatives. Oui, certains clients viendront toujours acheter des livres en librairie, car ils sont engagés politiquement dans la sauvegarde des commerces de proximité… mais ils seront de moins en moins nombreux. La question à se poser est d'une part, doit-on vouloir sauvegarder les librairies et si oui (ce que je pense), qu'allons-nous en faire ?

 

Celsius 233 est disponible à la vente chez AmazonSmashwordsKobo et iBookstore, comme chaque semaine, au prix de 0,99€. L'auteur propose aussi une formule d'abonnement à l'intégralité des nouvelles du Projet Bradbury.

 

On retrouve tout cela, et bien plus encore, sur le blog du Projet Bradbury hébergé par Actualitté.