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Bilan d'Hadopi après neuf mois : un 'impact non négligeable'

Clément Solym - 11.07.2011

Lecture numérique - Législation - hadopi - recidives - bilan


C'est officiel, la haute autorité vient de faire le point sur son action, et il en ressort deux ou trois choses, qui laissent rêveur. C'est que, dans son rôle de traqueur des usages illégaux, la Haute autorité est déjà entrée en contact avec 470.878 personnes - et non 420.000 comme l'avait annoncé une première dépêche AFP, erronée à cause d'une mauvaise information délivrée par l'Hadopi elle-même.

Mais dans tous les cas, on persiste et on signe : « L'objectif n'est pas la répression, mais majoritairement la pédagogie : il faut faire comprendre aux abonnés qu'ils doivent changer de comportement », souligne l'institution.

Neuf mois après sa mise en place, avec un accouchement plus que douloureux, l'Hadopi est assez satisfaite de « l'impact non négligeable de cette loi et de la réponse graduée sur les comportements des abonnés ».


En mai dernier, le ministre de la Culture présentait déjà ce qu'il considérait comme des résultats positifs.

En effet, 37 % des personnes se déclarent encore indifférentes au contrôle effectué par Hadopi, contre 45 % en janvier. Et seuls 7 % des personnes sondées à l'époque avaient continué de télécharger comme avant, contre 41 % qui avaient changé leurs habitudes. (notre actualitté)

Seule une dizaine de personnes - grosso modo et sans chiffres précis, reconnaît-on - a reçu le troisième avertissement, qui implique une traduction en justice, poursuit la Haute autorité.

« Le fait qu'il y ait peu de récidives, c'est plutôt un succès. Ce serait un échec s'il y avait autant de troisièmes niveaux que de deuxièmes recommandations », poursuit-on.

Pour l'heure, l'industrie du livre est toujours quelque peu distante de cette méthode, bien que le président du Syndicat national de l'édition ait assuré que « les éditeurs envisageaient de rejoindre l'Hadopi ».

Et d'ajouter : « Le SNE a dernièrement multiplié les contacts avec les ayants droit de la musique et du cinéma, ainsi qu'avec divers prestataires techniques afin d'étudier le mécanisme de réponse graduée mis en oeuvre par l'Hadopi2 [volet pénal de la loi, daté du 29 octobre 2009, ndlr] et l'intérêt pour le secteur de l'édition de rejoindre le dispositif. » (notre actualitté)