BnF : patrimoine numérisé et vendu, on se "moque un peu du monde"

Nicolas Gary - 16.09.2014

Lecture numérique - BnF Partenariats - Jack Lang - numérisation livres


Depuis bientôt une semaine – et le fait pourrait être assez alarmant –, la BnF propose d'acheter des livres du domaine public, numérisés dans le cadre d'un partenariat public-privé. Ces fichiers, disponibles en format EPUB ou Kindle selon la plateforme de vente, sont proposés par l'intermédiaire de la filiale commerciale, BnF Partenariats. Et cette exploitation marchande est loin de faire l'unanimité.

 

 BNF 1

Buck, CC BY SA 2.0

 

 

Plusieurs voix se sont déjà élevées contre cette nouvelle attribution de la BnF, toutes pour dénoncer une dérive, bien loin des missions mêmes de l'établissement. « Au final, cette limitation de l'usage d'un travail financé par la puissance publique est contraire à la véritable valorisation du domaine public », estimait Hervé Le Crosnier dans une lettre ouverte que nous avions diffusée. 

 

Le collectif SavoirsCom1 allait plus loin encore. « Ce modèle économique est là aussi plus que contestable, dans la mesure où il revient encore une fois pour la BnF à dégager des revenus au détriment d'autres établissements publics français, comme notre collectif l'avait déjà dénoncé à propos des partenariats Public-Privé de 2012.

 

Jusqu'à présent, les EPUB gratuits de Gallica constituaient une source précieuse de contenus que les bibliothécaires français pouvaient utiliser pour des opérations de promotion de la lecture numérique et de médiation, notamment à travers des dispositifs comme les Bibliobox. »

 

Aujourd'hui, en marge d'un entretien avec l'ancien ministre de la Culture, Jack Lang, nous avons eu l'occasion de parler de cette commercialisation. Ce dernier publie en effet un livre-manifeste sur la préservation du patrimoine, et combien cette notion même de patrimoine s'inscrit dans les missions du service public.

 

Bien entendu, l'actuel président de l'Institut du Monde Arabe reconnaît ne pas avoir suivi strictement ce dossier. Mais les agissements de la filiale « peuvent paraître choquants », reconnaît-il sans peine.

 

Et d'ajouter : « La BnF se doit d'être au service du public, et d'agir dans son intérêt. Cette commercialisation d'œuvres numérisées ne me semble pas conforme au principe même de sa mission. Et pour tout dire, cela revient à se moquer un peu du monde et du service public même que de revendre de la sorte des œuvres du domaine public – autrement dit, qui appartiennent au public... »




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