Braderie chez Bradbury : "Echo", moins 30 % sur tous les cauchemars !

Neil Jomunsi - 11.07.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - rêve - projet bradbury - onirique


Les écrivains sont des bêtes à fantasmes : ils cristallisent des désirs, des illusions, des frustrations, pour mieux les retranscrire sur le papier ou l'écran.

 

La nouvelle de cette semaine est une mise en abîme : elle est à la fois objet et réflexion sur l'objet. Dans ce texte, j'aborde deux thèmes qui me tiennent à coeur et qui, je l'espère, sauront trouver votre intérêt.

 

Je vous présente Écho, la 47ème nouvelle du Projet Bradbury.

 

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Norma est aux anges : pour cette fan du célèbre Basile Finch, chaque sortie est un évènement. Se précipitant au magasin, elle met la main sur le précieux sésame vers les contrées narratives de l'auteur et rentre chez elle pour en profiter en toute sérénité. Sitôt plongée dans les histoires du maître, elle en oublierait presque que le monde existe. Mais le dernier chef-d'oeuvre de Basile Finch recèle d'autres mystères que ceux que dévoile son simple emballage.

Plus ça va, plus je réalise que j'aime bien écrire sur l'écriture et les écrivains. Il y a un côté introspectif qui me plaît assez dans ce genre de mise en scène, car finalement, j'invente l'histoire d'un personnage dont je peux imaginer les envies, les colères et les frustrations : j'arrive ainsi mieux à entrer en empathie. Il y a peut-être une part de fainéantise là-dedans, mais bien souvent, lorsque je dois choisir un métier à l'un de mes héros, celui d'auteur me vient tout de suite en tête. Mais pour une fois, je me suis mis de l'autre côté de la barrière : l'héroïne de ce texte est une lectrice. C'est même une lectrice compulsive, qui nourrit une véritable passion pour un auteur, Basile Finch. Mais l'auteur en question produit des oeuvres d'un genre particulier.

 

C'est en effet l'un de mes grands fantasmes, que j'espère voir un jour de mon vivant : pouvoir organiser, scénariser et mettre en forme des rêves. On achèterait des songes déjà écrits, auxquels nous n'aurions plus qu'à nous connecter avant de nous endormir pour vivre les aventures oniriques correspondantes : par exemple, si j'ai envie d'évasion et de voyage, j'achète un rêve qui se déroule en Toscane par un beau mois de juillet, au cours duquel je devrai effectuer une longue et délicieuse balade en décapotable. On peut imaginer énormément de choses : les amateurs d'épouvante vivraient de terrifiants cauchemars, tout en se dissimulant "confortablement" derrière la distance entre rêve et réalité. Quant aux amateurs de rêveries érotiques, je vous laisse imaginer la suite. J'espère pouvoir voir cela de mon vivant. On commence à peine à savoir décrypter les ondes cérébrales, mais peut-être qu'une avancée technologique majeure nous permettra de rendre ce fantasme réel, pour le meilleur et pour le pire.

 

Je parlais plus haut de deux points. Le second est celui-ci : en tant que narrateur, il m'arrive fréquemment de caser des souvenirs personnels dans mes histoires. C'est non seulement une manière de rendre les scènes un peu plus réalistes, mais — et j'en avais déjà parlé — une façon pour moi de dissimuler ses souvenirs ou plutôt de les abriter. Les abriter de quoi ? De l'oubli, of course. Je cache dans mes nouvelles des souvenirs afin qu'ils ne se perdent pas. Voyez cela comme une sorte de pense-bête. En lisant le texte, vous comprendrez donc pourquoi je parlais plus haut de mise en abîme : l'un des personnages principaux, qui est lui-même écrivain, utilise ce stratagème pour faire de même. La boucle est bouclée.

 

Écho est disponible chez KoboSmashwordsAppleAmazon et Youscribe pour 0,99 €. Vous pouvez aussi vous abonner à l'intégralité des nouvelles pour 40€ et devenir mécène du Projet Bradbury. La couverture est toujours signée de la maravillosa Roxane Lecomte.