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Canada et USA : Sony arrête l'ebook et fait équipe avec Kobo

Nicolas Gary - 09.02.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - livres numériques - librairie de Sony - marché américain


L'annonce fait du bruit, et pas celui, très discret, des pages que l'on tourne numériquement sur son lecteur ebook. Sony a décidé de fermer son Reader Store, la librairie numérique, pour l'Amérique du Nord : désormais, les clients canadiens et étatsuniens passeront par les services d'un autre acteur, Kobo. Stéphanie Lang, chef de division IT (VAIO, Reader et tablettes) chez Sony France a accepté de répondre à nos questions.

 

 

 

 

Sony met tout d'abord en avant « un contexte spécifique pour le marché d'Amérique du Nord ». En effet, sir le PRS-T3, le dernier lecteur ebook en date, n'a pas été commercialisé aux États-Unis, c'est avant tout pour répondre… à l'absence de demande. « Les consommateurs américains ont privilégié les tablettes, et même les smartphones, pour la lecture numérique. C'est un élément qui rend le commerce des lecteurs ebook plus difficile, et nécessite que nous favorisions les appareils Xperia [NdR : smartphones et tablettes, donc]. »

 

En revanche, pas de commentaires concernant le catalogue proposé aux clients du Canada et des États-Unis, dont on a pu lire qu'il était à la traîne, en regard de l'offre d'Amazon ou, d'ailleurs, de Kobo. En revanche, cette alliance représente bien un levier pour Sony. « Amazon fait partie des acteurs qui tirent le marché, et la demande, à la hausse. Mais c'est également un acteur leader », constate Stéphanie Lang. Or, pour le consommateur, ce qui importe avant toute chose « c'est d'accéder aux oeuvres, et aux contenus. Les clients ne se préoccupent pas trop de savoir d'où viennent les ebooks ».

 

À ce titre, on nous rappelle que les appareils de Sony sont en mesure de lire tout type de fichier acheté depuis une boutique en ligne tierce. « Nous avons plusieurs partenariats avec des acteurs, qui fournissent à nos lecteurs ebook des librairies, comme ce peut être le cas en France avec Chapitre.com. Mais en Europe, comme en Australie, les pays qui disposent d'un Reader Store dédié ne sont pas concernés par notre accord avec Kobo. Il n'y a pas de projet de disparition de ces boutiques prochainement. » 

L'important "c'est d'accéder aux oeuvres, et aux contenus. Les lecteurs ne se préoccupent pas trop de savoir d'où viennent les ebooks"

 

Il est intéressant de confronter ces déclarations à une récente étude, portant sur la fidélisation des clients, par rapport à leur ebookstore. Le Codex Group, avait en effet montré que les clients américains se fournissent, à 86 %, auprès de trois uniques acteurs : Amazon, Apple et Barnes & Noble. Le principe de l'écosystème propriétaire est plus efficace pour ce qui est de garder les clients, et de leur offrir une solution d'achat complète et simple. L'efficacité et la commodité priment sur la liberté d'acheter où bon vous semble.

 

Or, l'un des enjeux techniques pour Sony, sera la prise en charge du format KEPUB. En effet, ce format de fichier proposé pour être censément plus ergonomique dans la lecture sur les appareils de Kobo, sera-t-il pris en charge par les Sony Reader ? C'est en tout cas le cas pour les fichiers que l'on achète depuis Fnac.com, le partenaire de Kobo. Nous attendons des réponses sur ce point. Le format apporte des fonctionnalités supplémentaires, spécifiquement implémentées dans les appareils Kobo. 

 

Dans le même temps, Sony nous confirme, du bout des lèvres, ce que laissait entendre la FAQ de Kobo : les livres des clients nord-américains ne seront pas transférés sur leur compte Kobo Store. C'est bien une vérification de la disponibilité du livre dans le catalogue Kobo qui va être opérée : on confronte la bibliothèque du client avec l'offre Kobo, et si l'ebook est présent, il sera ajouté à son compte.

 

En cas d'absence, il faudra avoir pris soin de sauvegarder l'ebook en question, au préalable, et avant la fermeture définitive du Reader Store. « Kobo a tout de même un catalogue de quatre millions de livres numériques », insiste Sony. Sait-on jamais....

 

Enfin, suite à la vive polémique déclenchée par l'arrivée de nouveaux outils qui renforceront les DRM sur les livres numériques, décidée par Adobe, Sony préfère ne pas faire de commentaires. La société avait été parmi les premières à annoncer le support du format EPUB, et de ces mêmes fichiers, avec le verrou numérique d'Adobe. « Nous ne prenons pas position sur cette question », nous répond-on.

 

Elle sera pourtant importante, cette question, puisque les nouveaux outils d'Adobe vont impliquer une mise à jour obligatoire du parc actuel d'appareil, pour que les consommateurs profitent des nouveaux fichiers numériques, frappés par le DRM Musclor