Ce que l'autopublication apprend à l'édition (et vice-versa)

Antoine Oury - 09.04.2014

Lecture numérique - Usages - autopublication - édition - promotion


Le plan de la London Book Fair lui-même témoigne de bouleversements importants dans le monde de l'édition : les solutions destinées à des auteurs indépendants se multiplient, pour le meilleur… comme pour le pire. Quelques années après la musique, on parle désormais d'« indie

 authors ». 

 (de notre envoyé à Londres)

 

Stuart Evers - London Book Fair 2014

Stuart Evers à la London Book Fair (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

S'il est devenu beaucoup plus simple de commercialiser un livre sans le recours à un éditeur traditionnel, tous les auteurs autopubliés le reconnaîtront : la visibilité des livres lancés sur Internet n'est pas garantie. L'offre s'est ouverte, et elle a naturellement abouti sur un partage de l'espace disponible sur le Web. Par ailleurs, les auteurs passés par l'autopublication - et ayant rencontrés le succès - retournent souvent auprès d'un éditeur, à l'instar de Hugh Howley ou E.L. James.

 

« Le défi n'est pas technique ou numérique, il s'agit surtout de faire connaître au lecteur le prochain livre qu'il aimera », souligne Stuart Evers, community manager du service Net Galley, qui permet de mettre en relation les auteurs avec des critiques, des blogueurs influents ou d'autres écrivains (moyennant finances). « S'il y a bien une constante », poursuit-il, « elle se trouve du côté de ces personnalités qui influencent et donnent de la visibilité, aussi bien pour les indés que les grands conglomérats ».

 

Un rôle autrefois assumé par les magazines littéraires, ce qui a pu pousser certains auteurs indés à multiplier les envois de livres en leur direction : inutile, assure Evers, puisque les publications ont de moins en moins de pages à consacrer aux critiques.

 

Toutefois, les observer pourrait permettre à l'auteur indé de mieux cibler ses envois, et d'affiner sa promotion : « Demandez-vous pourquoi ce livre est dans ce journal, à cette place. La popularité de l'auteur l'explique parfois, mais pas toujours. » Stuart Evers conseille également de faire le tour des groupes Facebook, ou encore de se livrer à un travail de veille sur les sites Web qui évoquent les sujets abordés dans le livre.

 

Par ailleurs, les réseaux sociaux devront être utilisés avec justesse, et, sur ce point, auteurs indés comme éditeurs traditionnels ont encore fort à faire, selon Evers : partager un lien sans le personnaliser serait inutile, tout comme le fait de limiter uniquement son activité sur les réseaux à de la promotion.

 

Par ailleurs, « les auteurs indés n'ont qu'un auteur et qu'un livre à promouvoir à chaque fois, ce pour quoi tout marketeux tuerait » : ne pas hésiter à profiter de la situation pour concentrer ses activités au moment où… les éditeurs le font le moins, c'est-à-dire pendant les congés des « community managers ». En gros, le dimanche, « le jour où tout le monde traîne sur les réseaux sociaux ».

 

L'auteur indé sera par ailleurs avisé de profiter d'effets que l'éditeur ne peut se permettre : changer régulièrement la couverture du livre, surtout si la précédente n'a pas soulevé les foules, modifier les prix, proposer des lectures en avant-première aux groupes d'intérêt… Autant de leviers qui pourraient bien lancer la machine : « Il faut un grand investissement pour lire un livre, en temps, en concentration… Ce n'est pas comme un morceau de musique. »

 

Les meilleurs moyens de l'auteur indés ne sont pas chers, contrairement à ceux de l'éditeur : plutôt que de réaliser une vidéo façon Little Failure, qui n'engage pas vraiment à acheter le livre, Stuart conseille plutôt de « rester à égalité avec ses lecteurs ».

 

 

 

 

Et, d'après lui, si certains auteurs indés ont choisi l'édition traditionnelle a posteriori, c'est… « principalement pour l'argent », mais aussi pour s'éviter autant de tâches que l'auteur indé devra assumer, du design de la couverture à l'organisation de rencontres en librairies.




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