Censurer les sites de téléchargement illégal est inutile (pour l'instant)

Xavier S. Thomann - 10.01.2013

Lecture numérique - Législation - Pirate Bay - Téléchargement illégal - Etude scientifique


Question téléchargement, il faut plus de temps pour retirer un lien frauduleux que pour en établir un. C'est à partir de cette donnée que l'on peut comprendre les résultats des recherches de la Northeastern University de Boston. Ces résultats confirment ce que l'on savait déjà plus ou moins, à savoir que les actions menées par Google ne permettent pas d'enrayer le piratage. Les plaintes DMCA reconnues et enregistrées par Google ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan du piratage.

 

 

 

Les chercheurs américains ont suivi pendant un certain temps les activités des sites qui hébergent souvent des contenus piratés, pour aboutir à un papier intitulé Clickonomics. Ils ont constaté que des plateformes telles que Uploaded, Wupload et Netload ont beau retirer des liens vers des fichiers ne respectant pas le copyright, le répit n'est que de courte durée : les contenus restent disponibles d'une manière ou d'une autre. 

 

Un jeu du « chat et de la souris » selon les chercheurs, où ceux qui tentent de faire respecter les droits rattachés aux oeuvres sortent perdants. En effet, ils ont toujours une longueur de retard sur les pirates. Tout cela fonctionne selon le principe de l'hydre, on coupe une tête et plusieurs autres repoussent immédiatement. Encore une fois, il ne s'agit pas d'une découverte fracassante, mais il est toujours bon d'avoir une étude objective sous la main. 

 

Et en effet, les chiffres parlent d'eux-mêmes : en passant au peigne fin le moteur de recherche FilesTube, ils ont constaté qu'il y avait 10,000 noms de domaine différents pour 5,000 adresses IP où l'on pouvait trouver du contenu piraté. Voilà qui donne un bon aperçu de l'ampleur du phénomène et du chemin qui reste à parcourir pour ceux qui veulent faire régner la loi et l'ordre dans l'univers du téléchargement. 

 

Ils ne se contentent pas de faire des constats et proposent une solution qui pourrait mettre un frein au piratage. Il faudrait que les sites incriminés ne puissent plus recevoir de financement via internet. Autrement dit, couper leurs ressources. Reste à savoir si pareille solution est envisageable d'un point de vue purement pratique. 

 

Une autre solution est avancée, à savoir « mettre en place une stratégie de réduction de la demande pour du contenu piraté, c'est-à-dire en fournissant une offre légale plus attractive pour les consommateurs que l'offre pirate. » De même que pour la première solution, cela suppose une politique volontariste, or rien ne laisse supposer que celle-ci voie le jour en 2013. 

 

Enfin, si ceci vous passionne et que vous êtes bon en maths (et doté d'une bonne dose de patience), les recherches dans leur intégralité sont disponibles à cette adresse