Codage d'ebook : différents formats à bien utiliser

Antoine Oury - 26.03.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - IDPF - ebook - reflowable fixed layout


Si ce qui défile sur l'écran des ereaders reste du texte aux yeux des lecteurs, les ebooks ne sont pas que langue de Molière, et utilisent un tout autre mode de communication : le code. Aux éditeurs désireux d'expérimenter le numérique s'offrent pour le moment deux solutions, pour des usages bien différents. Et des possibilités impressionnantes, offrant aux auteurs de nouveaux modes de narration.

 

 

Luc Audrain (responsable support à la numérisation, Hachette Livre), Pierre Danet (directeur innovation et technologie numérique, Hachette Livre)

 

 

À l'IDPF, on sent que l'on vient soudain de basculer dans la journée professionnelle du Salon du Livre : la place sur la Scéne numérique est devenue payante, à plus de 200 €. Et pas de vendeur à la sauvette pour en céder une à 100 € dehors. Ici aussi, outre les accents anglo-saxons que l'on entend régulièrement, on parle une autre langue : « EPUB reflowable » et « EPUB fixed layout », lance Luc Audrain, responsable support à la numérisation chez Hachette Livre.

 

Désormais, tout le monde est au courant, grâce à ReLIRE Bay, mais les éditeurs ont des énormes fonds à numériser, et visiblement pas assez d'argent pour le faire eux-mêmes. Pourtant, choisir le bon EPUB pour le bon ebook constitue l'une des règles simples, mais indispensables de l'optimisation : « L'EPUB reflowable s'ajuste à la taille de l'affichage sur lequel il est lu, c'est sa principale qualité. Ce type d'ebooks est parfait pour les romans, car il est piloté par le texte. En plus, il permet d'utiliser le fichier Word de l'auteur ou un scan de la version papier avec une reconnaissance de caractères, et d'en tirer simplement un fichier XML que l'on convertira. »

 

Luc Audrain enchaîne : « L'EPUB Fixed Layout, lui, est plus complexe, mais permet de proposer des mises en page plus originales, avec du texte - qui reste du texte, dans lequel on peut faire une recherche de terme - superposé à des images. » Du manuel numérique au livre enrichi, on dit merci à l'EPUB Fixed Layout : « L'imagination est sans limites », termine Audrain.

 

Dans les deux cas, le responsable support à la numérisation recommande une base de données en XML, le langage standardisé par le World Wide Web Consortium, sorte de l'équivalent de l'IDPF, mais pour le Web. « Un bon fichier XML permet de ne changer que les chaînes de conversion [du XML au format utilisé pour la lecture numérique], et pas à revoir toute la base du livre. » C'est utile en cas de changement de format (EPUB, MOBI, KF8...), mais aussi pour appliquer des corrections ou des ajouts ultérieurs.

 

 Pour le moment, rappelle Luc Audrain, le format le plus universel et accepté reste encore l'EPUB2, ce qui temporise quant au progrès fulgurant de la technologie. Mais, là encore, le format EPUB s'avère plus simple à convertir qu'un format propriétaire trop isolé pour survivre au temps numérique. Des initiatives comme Readium, moteur de rendu EPUB pour navigateur Web, 40.000 utilisateurs et un kit de développement mobile en préparation, le tout en open source, tentent de promouvoir ce format.

 

Luc Audrain, lui, se charge d'en faire de même pour les bonnes pratiques en matière de contenu numérique : « Je tiens ce genre de discours sur l'accessibilité depuis 20 ans chez Hachette. » 

 

Et, puisque l'on évoque les nouvelles possibilités narratives et dramatiques rendues possibles par la technologie, une petite démonstration signée James, de la revue hebdomadaire drôle Mauvais Esprit. La BD est tirée du n°19 de la revue, mais la 23e livraison du grinçant journal sort aujourd'hui.