Comment Facebook a fourni les données de ses usagers à Amazon

Nicolas Gary - 20.12.2018

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L’enquête fait terriblement mal : on savait que le réseau social de Marc Zuckerberg captait des milliers d’informations. Qu’il en recoupait d’autres. Et parvenait à quadriller ses utilisateurs avec une redoutable précision, finissant par en savoir plus sur leur comportement qu’eux-mêmes. On ignorait encore dans quelle mesure elles pouvaient être exploitées jusqu’à la limite du pillage.

Facebook's Infection
Katie Sayer, CC BY SA 2.0


Le coup frappé par le New York Times est sidérant et la conclusion est d’une violente simplicité : Facebook a aidé une grande partie des sociétés high-tech à espionner les utilisateurs. Pour résumer, Facebook sait ce que l’on a acheté sur Amazon et Amazon connaît tous nos amis Facebook.

En avril dernier, on apprenait que 48 millions d’usagers de différents réseaux s’étaient fait siphonner leurs données personnelles. Sans avoir été sollicités. Ici, on entre dans l’ère non plus du soupçon, mais véritablement de l’exploitation industrielle. Parce qu’en réalité, Mark a la fâcheuse habitude de partager illégalement les données des utilisateurs avec d’autres entreprises.
 

Au royaume des Big Data, le souverain Facebook 


Le NYT n’y va pas par quatre chemins et accuse le réseau social d’avoir « donné accès à certaines des plus grandes entreprises du monde un accès plus intrusif aux données personnelles des utilisateurs qu’elle ne l’avait reconnu ». Et les partenaires se trouvaient délestés de toute forme de respect des règles de confidentialité en vigueur. 

S’appuyant sur des enregistrements et des entretiens menés avec des salariés en interne, le média affirme avoir en sa possession des centaines de pages — et des témoignages à foison. Les enregistrements, datés de 2017 font état des multiples partenariats passés avec les entreprises, et établissent la liste des données communiquées. 
 
Parce qu’une seule réalité demeure : les Big Data sont devenues le produit le plus prisé à l’ère numérique, par les sociétés de la Silicon Valley. 
 

Partages d'informations, en toute confidentialité


Des exemples ? Netflix et Spotify ont pu accéder aux messages privés des usagers. Amazon, pour sa part, a pu obtenir les noms des utilisateurs ainsi que les informations pour les contacter, par le biais de leurs amis.

Tout cela, alors que Facebook a, par la voix de son patron, multiplié les déclarations assurant que ces pratiques avaient cessé depuis des années. Au final, ce sont 150 entreprises qui, au moins jusqu’en 2017, ont pu bénéficier d’un accès particulièrement vaste aux données des membres du réseau.
 
Parler d’espionnage institutionnalisé, rationalisé, n’est alors que la première étape du constat opéré. Les entreprises high-tech ont agi avec un absolu secret — le tout en assurant que les démarches étaient légales. Or, le fait est que les usagers de Facebook ne sauront en réalité jamais ce qui a été fait de leurs données ni même si cette utilisation respectait les lois en vigueur.

En réalité, même Facebook l’ignore. Ce qui laisse au public toute latitude d'imaginer quelles autres exactions a pu commettre Facebook.


Commentaires
J'aime bien Amazon (mais ce genre de cas est néfaste : https://www.zdnet.fr/actualites/rgpd-amazon-vous-donne-toutes-les-donnees-personnelles-d-un-autre-39878381.htm / tant que je peux je me passe d'un smartphone ou d'un assistant vocal), facebook est le vrai tout à l’égout de nos démocraties.
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