Comment Pottermore a "domestiqué" Amazon

Clément Solym - 04.05.2012

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L'apparition de Pottermore a provoqué l'hystérie. Déjà en retard sur son planning pour l'ouverture officielle, le site était très attendu. Et en proposant depuis le mois de mars les ebooks de la saga de Harry Potter, non seulement sans DRM mais en plus sans faire passer le client par Amazon (voir notre actualitté), Pottermore a fait encore plus fort.

 

Durant le premier mois, le site Pottermore a vendu pour 3 millions £ d'ebooks de Harry Potter. Son directeur exécutif, Charlie Redmayne, n'avait pas anticipé d'aussi bons résultats. Les ventes (1 million durant les trois premiers jours du lancement, voir notre actualitté) auraient tout d'abord été stimulées par un effet d'attente, et par la vente de bundles en promotion aux fans, 14 % moins chers que s'ils les avaient achetés individuellement.

 

Cette offre judicieuse a permis au site d'enregistrer des ventes que Redmayne n'avait pas prévues.

« Nous avions prévu une somme beaucoup moins élevée, j'avais regardé les ventes physiques des livres, et essayé d'anticiper quel pourcentage de ventes nous réaliserions en numérique, (...) mais cela a surpassé tout ce que nous avions imaginé ». C'est ce qu'on appelle une retraite dorée pour Harry Potter.

 

Une affaire rondement menée

 

 Futurebook note pour sa part que la stratégie de Pottermore est ambitieuse et tournée vers l'avenir. Sa capacité à se constituer une base de clientèle fidèle pourrait effectivement être un argument de taille pour attirer de nouveaux auteurs. La capacité à garder le dernier contact avec sa clientèle et le contrôle du prix des ebooks est la clé d'un succès certain pour les éditeurs qui choisiraient cette voie.

 

 

L'éditeur fixe un prix pour un ebook et compte le vendre uniquement à ce prix. Pour cela, il crée sa propre plateforme de vente, comme Pottermore... mais encore faut-il qu'elle soit connue, visible et visitée. Dans le cas de Pottermore, les aventures de Harry Potter avaient déjà quelques kilomètres au compteur, et le site s'était fait attendre, plongeant les fans dans la neurasthénie. On ne peut s'étonner des résultats fièrement avancés par Redmayne. Tous les ingrédients étaient là.

 

Cependant, il n'est pas donné à tous de dompter Amazon. Encore faut-il pouvoir faire pression et retirer ses titres du site du géant de la vente en ligne sans trop prendre de risque. Aussi cette stratégie ne pourrait être que celle des grands éditeurs... ou des courageux.