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Confinement : le livre numérique profite-t-il vraiment de la période ?

Antoine Oury - 08.04.2020

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Une dizaine de jours après le début du confinement de la population, en France, l'Hadopi s'est interrogé sur les occupations dématérialisées des Français, particulièrement en ce qui concerne la culture. Une enquête a été organisée, qui révèle que le livre numérique n'est pas forcément si plébiscité que cela en cette période.

Lecteur ebook + livres papier
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Un échantillon de 1050 internautes âgés de 15 ans et plus, représentatifs de la population française en termes de sexe, âge, PCS individu, région, taille d’agglomération, selon la méthode des quotas. L'enquête, réalisée via l’omnibus online de l’Ifop, l’OMCAWI, s'est déroulée les 26 et 27 mars derniers.

Au cours de la deuxième semaine de confinement, les Français se sont amplement tournés vers la culture, avec la consommation de biens culturels en tête des activités jugées indispensables à un bon équilibre pendant le confinement par 53 % des interrogés, devant le sport (40 %) et les activités manuelles (39 %).

La culture serait particulièrement importante pour les 15-24 ans (60 %), moins pour les 25-39 ans (50 %) et les plus de 40 ans (53 %). Dans l'ensemble, toutes les classes d'âge consomment au moins un bien culturel de plus qu'avant le confinement (62 % des interrogés, au total), en majorité les 15-24 ans (82 %).



Les livres numériques profitent-ils de cet effet d'aubaine ? En partie seulement, selon les données recueillies par l'Hadopi : 42 % des interrogés en lisent plus qu'auparavant, mais 48 % en lisent autant, et 10 % en lisent même moins qu'auparavant.



Parmi les lecteurs de livres numériques, ils sont 4 % à lire tous les jours ou presque et 6 % à lire 1 à 5 fois par semaine.

Les résultats de l'étude sont disponibles ci-dessous.



Dossier : Des livres et d'autres ressources pour s'occuper pendant le confinement


Commentaires
Etant donné que les éditeurs français font tout pour tuer la lecture numérique par des tarifs délirants, comment s'étonner de cet état de fait ?
Tout à fait même pour les grosses maisons d'éditions car certains petits éditeurs jouent le jeu du numérique avec des prix très adaptés comme les éditions LesLiensQuiLibèrent ou bien LeBélial pour n'en citer que deux.
Mais pour vous remonter le moral rien ne vaut « La Peste écarlate », un court roman de Jack LONDON datant des années 1920 et que l’on peut télécharger gratuitement sur mon site perso :

https://www.livresplus.net/london.php
Jy2m: Merci livreplus: redécouvrir et même découvrir des oeuvres de nos classiques peu ou jamais vues et aussi facilement(Gallica c'est parfois difficile et décourageant); grâce à vous un bonheur tout simple. Merci de votre gentillesse à mettre votre site à notre disposition.Votre partage et générosité touchent et sont appréciés
Oui mais c'est comme tout, avant d'arriver à faire un livre numérique, il faut un auteur, un créateur et une maison d'édition ou une personne pour le relire, corriger, maquetter, commercialiser puis payer des droits d'auteur, payer le correcteur, le maquettiste, un libraire numérique, le diffuseur numérique qui lui prend 50 % la somme du prix... et donc ce n'est pas avec un livre numérique à 2.99 € qu'un auteur et la chaîne du livre peut vivre !
Bonjour Pondada

Je serais curieux de savoir ce qu'est un diffuseur numérique ? Je pensais naïvement qu'il suffisait d'un serveur pour diffuser une œuvre numérique... Ça ne coûte (presque) rien.
Bonjour toto,

Un diffuseur numérique c'est une plateforme de stockage et commercialisation des ouvrages numériques que confient les éditeurs.

Par exemple, ma maison d'édition travaille avec https://www.numilog.com/, mais il y a aussi Eden...

Ensuite c'est eux qui transmettent les données et fichiers à des centaines de weblibraires inclus Amazon, Fnac.com www.leslibraires.fr et aux médiathèques pour la location. En général les libraires touchent 35
Merci de votre réponse.

Je pense que l'utilisation d'un tiers de diffusion n'apporte rien à la diffusion d'une œuvre, si ce n'est ajouter une part de gâteau à quelqu'un qui ne fait rien.

Si les éditeurs distribuaient les œuvres numériques, ça ne leur coûterait presque rien et cela permettrait de les vendre à prix compétitif par rapport au papier en rémunérant correctement l'auteur.
Mais tout seul en tant qu'éditeur il est difficile d'accéder aux librairies. Vendre sur son propre site ne sert à rien. Il faut vendre en librairies, et si possible dans beaucoup de librairies, et c'est le travail du diffuseur.
Je ne vois pas trop l'intérêt du libraire dans le monde numérique pour le coup.

Le monde du numérique change la donne de la chaîne de distribution : le diffuseur est le net (il est gratuit), le vendeur est l'éditeur (plus le libraire) et le stockage se fait sur le serveur de l'éditeur (donc quasi-gratuit).

Il reste à communiquer (la publicité) qui, normalement, est la charge de l'éditeur (quand c'est fait, ce qui est rarement le cas il faut bien l'avouer).

Donc, il s'agit d'un nouvel univers qui, a priori, réduit à deux les acteurs du livre : l'auteur et l'éditeur. On peut éventuellement imaginer qu'une partie du travail de l'éditeur (la partie internet) soit assurée par le libraire (qui aura donc aussi à faire évoluer son métier), mais je ne vois pas l'intérêt (technique et financier) pour l'éditeur.

Il va de soi qu'un bouleversement de cet ordre ne va pas sans faire grincer des dents et surtout se trouver entraver par la résistance des acteurs sacrifiés.

La seule question : est-ce que le prix de la modernité vaut le coup ? L'ancien modèle a-t-il encore sa place ?

Personnellement, je pense que les deux modèles peuvent cohabiter et trouver une saine émulation. Sans doute au prix d'un assainissement de l'offre : on ne trouvera sur le papier que les titres de qualité... et ce, au plus grand bénéfice des libraires qui n'auront plus à gérer 200 sorties de bouquins par jour.

Je vous laisse définir ce que j'entends par qualité...
Les gens achètent de préférence chez les libraires. Si vous ne vendez que sur votre site vous vous privez de beaucoup plus que la moitié de vos ventes, donc même en ne touchant que la moitié du prix du livre et en cédant le reste aux libraires et diffuseur, vous êtes gagnant.

On peut se passer du diffuseur, mais à condition de publier soi-même directement sur les 3 ou 4 plus grosses librairies en ligne.
"ce n'est pas avec un livre numérique à 2.99 € qu'un auteur et la chaîne du livre peut vivre !"

Ben voyons.

Vous êtes membre du SNE qui nous explique benoitement que les fichiers sont au prix du papier ?

Un auteur touche... rien ! 5 à 8%, c'est la dernière roue du carrosse !

Alors faisons les comptes : 8% sur un livre vendu 18 euros nous font... 1,44 € pour ce salaud d'auteur

70 % sur 2,99€ nous font...2,09 € pour ce sans grade, ce brelin glandu... soit tout de même une légère augmentation de 107 % (en fait, un doublement des droits) pour cet auteur.



La "chaine" du livre emprisonne les auteurs depuis trop longtemps. Les grands éditeurs veulent la maintenir. Qu'elle se brise, ce sera la meilleure des choses !
Les gens achètent de préférence chez les libraires. Si vous ne vendez que sur votre site vous vous privez de bien plus que de la moitié de vos ventes : vous êtes perdant.

On peut se passer du diffuseur, mais à condition de vendre directement sur les 3 ou 4 plus grosses librairies en ligne.
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