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Contre les pirates, l'éditeur d'Agatha Christie fait n'importe quoi

Nicolas Gary - 27.01.2014

Lecture numérique - Législation - Agatha Christie - Hercule Poirot - livres numériques


La politique de lutte contre le piratage de l'éditeur HarperCollins semble tortueuse. Selon TorrentFreak, la maison vient de faire parvenir à Google une série de revendications, après avoir constaté que plusieurs liens pointaient des vers livres numériques d'Agatha Christie. La demande est simple : supprimer des résultats du moteur de recherche les liens incriminés. Mais voilà : se sont ses propres livres qui sont ciblés, et les liens pointent vers la boutique d'Apple, iTunes. 

 

 

 agatha christie

Eijay, CC BY 2.0

 

 

Depuis septembre 2010, la romancière appartient corps, âme et pages à HarperCollins, qui a signé un accord, le jour du 120e anniversaire de la romancière, pour acquérir l'ensemble des droits, papier, audio et numériques, et ce, pour les 10 prochaines années. « Agatha Christie est devenue une marque mondiale, qui incarne un certain style, typiquement britannique. En cette année du 120e anniversaire de sa naissance, dans un monde en rapide évolution, nous sommes impatients de publier son oeuvre dans tous les formats, partout dans le monde, afin de consolider sa position d'auteure la plus populaire sur la planète », expliquait Victoria Barnsley, PDG de HC UK. 

 

Avec un million d'exemplaires vendus chaque année, selon l'éditeur, Christie reste une marque particulièrement importante, et l'essor du format numérique chez les Anglo-saxons, implique de protéger les droits sur l'oeuvre ainsi achetée. Pour ce faire, HarperCollins a recours à une société anti-piratage, Digimarc, comme cela se fait beaucoup. L'idée est de faire la chasse aux liens frauduleux, de gens malintentionnés qui partagent illégalement des oeuvres. Et protéger les 80 titres de Christie n'est manifestement pas de tout repos.

 

Selon un document présenté par Google, ce sont 1000 URL que HarperCollins souhaite retirer du net. La demande est enregistrée, mais Google considère que seules 83 URL sont réellement litigieuses - et pour l'heure, on ignore encore ce qui a motivé la décision du moteur de recherche. Les justifications interviendront quand ChillingEffects publiera les avis complets.

 

 

 

 

Or, on voit bien dans le déroulé des URL soupçonnées d'illégalité, que 8 d'entre elles pointent vers apple.com, et plus spécifiquement itunes.apple.com. Ce qui donne une première piste : Google a considéré que demander le retrait d'URL pointant vers un site officiel de vente, c'était un peu marcher sur la tête pour un éditeur qui tente de vendre des livres. 

 

Mais on ne pourrait pas s'arrêter en si bon chemin. Digimarc a déposé plusieurs autres demandes : une nouvelle salve de 1000 URL, dont 917 ont été rejetées. 9 d'entre elles pointent directement vont directement sur iBooks. Une autre de 267 URL s'en verra refuser 249, avec deux liens renvoyant vers iTunes. Et dans un dernier lot, de 9000 URL, 7829 sont refusées. 

 

En clair, Google tente d'empêcher HarperCollins de ruiner sa propre entreprise de vente de livres numériques. Et surtout, explique que radier des liens qui aboutissent à un ebookstore officiel n'est pas vraiment la meilleure idée possible, pour qui souhaite faire de l'argent avec la vente d'ebooks. C'est qu'il faut de la pédagogie, avec les éditeurs…