Contre SOPA, les géants du net évoquent un possible « blackout »

Clément Solym - 05.01.2012

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Est-on en train d'assister à une guerre froide entre partisans et opposants à la SOPA ? Tout du moins, chacun brandit son principe, « droits des artistes » d'un côté et « liberté d'expression » de l'autre. Yahoo, Google, Facebook discuteraient même d'un dernier recourt, un blackout.

 

Petit rappel des faits, la SOPA, la Stopping Online Piracy Act, est un texte de loi qui, aux Etats-Unis, vise le piratage en ligne. L'industrie culturelle est clairement pour ; les géants de la toile type Facebook, Google, Twitter font tout, au contraire, pour mettre des bâtons dans les roues de la SOPA.

 

La tension vient de montrer d'un cran dans le combat que mènent les géants d'internet contre la loi SOPA. Car pour contraindre les pirates, la justice américaine pense qu'il est bon de s'attaquer aux moteurs de recherches, aux réseaux sociaux, ceux qui, en d'autres termes, facilitent l'accès à des sites pirates.

 

Aux grands maux, les grands remèdes ?


Souvenez-vous des blocus lycéens et universitaires. Si la méthode en a divisé plus d'un, ce type d'opération coup de poing porte parfois ses fruits. Jimmy Wales avait le premier évoqué l'idée (voir notre actualitté) : des pages blanches au lieu des articles habituels de Wikipédia.


Inspirée d'un mouvement de colère contre Berlusconi en Italie, cette initiative aurait largement de quoi sensibiliser les foules : Wikipedia est l'un des sites les plus consultés au monde.

 

Cette idée a fait son petit bout de chemin. Les membres de la NetCoalition, tous ceux qui ont rejoint les rangs de l'opposition, envisageraient un blackout c'est-à-dire une coupure de leurs sites. Il s'agirait bien sûr d'un ultime recours, une solution extrême, pour alerter les utilisateurs d'internet.

 

 Markham Erickson de la NetCoalition explique que « Ce genre de chose ne se fait habituellement pas, les entreprises ne souhaitant pas mettre leurs utilisateurs dans une telle situation. Mais la différence est que ces lois changent fondamentalement le fonctionnement d'Internet. Les gens doivent comprendre l'impact qu'une telle législation aura sur ceux qui utilisent Internet ».

 

Plus d'Amazon, plus de Yahoo, plus de Facebook, plus de Twitter, plus de Mozilla pendant une journée ? Un cyber-scénario catastrophe intéressant à imaginer...