Contrer le piratage, ou l'avènement du watermark-eting

Clément Solym - 20.08.2013

Lecture numérique - Usages - watermarking - contrefaçon - fichiers numériques


Décidément, le DRM social, ou watermarking a le vent en poupe. Helicon Books, éditeur israélien connu pour son application de lecture annonce qu'il met sa technologie au service des éditeurs désireux de protéger leurs ebooks, à un prix raisonnable. A l'occasion de la Foire de Francfort, du 9 au 13 octobre, il présentera son outil logiciel.

 

 

Watermarks
Saurez-vous trouver le sigle protégeant le dessin des pirates ?

quinn.anya, CC BY SA 2.0

 

 

Helicon Books souhaite aider les éditeurs qui considèrent que le DRM est une fausse protection, inefficace, mais surtout, onéreuse à mettre en place. Avec le défaut de punir l'utilisateur final. Or, pour protéger ses fichiers et prévenir la contrefaçon, le watermarking est un outil plus sûr. 

 

Cette méthode, également appelée tatouage numérique, introduit une identification de l'acheteur, en apposant son nom dans le fichier. Helicon précise que cela peut prendre la forme d'une image ou d'un texte, selon les besoins de l'éditeur. Le marquage peut également être intégré dans un chapitre, demeurant complètement invisible.

 

Cet outil permet alors de ‘personnaliser' le fichier, en le liant plus étroitement à son acheteur, qui s'y reprendra à deux fois avant de partager son livre. En effet, en confiant son ebook ainsi tatoué à un tiers, qui aurait peu de scrupules, le risque de découvrir son fichier sur des réseaux de partage aboutirait alors à ce que l'acheteur soit accusé.

 

Ainsi, quand le DRM limitait les usages clairement, le watermark met un collet au cou  de l'utilisateur, pour le tenir en respect. Mais que voulez-vous, il faut bien se prémunir des pirates. Helicon assure d'ailleurs qu'il est possible, en théorie, de contourner sa technologie : cela nécessiterait toutefois d'avoir une connaissance très précise de l'algorithme spécifiquement utilisé, pour détecter et faire disparaître le watermark. 

 

Pour mémoire, c'est avec une méthode de marquage de ce genre que les Pays-Bas ont décidé de donner la chasse aux pirates : la BREIN, organisation chargée de lutter activement contre la contrefaçon, a décidé de surconnecter les fichiers à leurs acheteurs. En effet, les données clients introduites dans les ebooks, achetés sur la plateforme eBoekhuis, seront surveillées spécifiquement, pour faciliter la traque. Et ce, pour une période de deux années. Charmant.

 

Le watermark n'est pas non plus une révolution, on le voit apparaître dans le début des années 90