Corée du Nord : le partage illégal, source de résistance contre l'Etat

Clément Solym - 27.05.2012

Lecture numérique - Usages - Corée du Nord - partage illégal - fichiers


Dans les pays à forte densité de dictateurs au kilomètre carré, la question de la liberté d'expression se pose assez peu, en somme. La Corée du Nord compte parmi ses États où l'on est finalement assez heureux de n'avoir, en guise de connexion à internet, qu'un accès ultra limité, avec une capacité de censure que même la Chine leur envie...

 

Toute information accessible dans le pays relève d'une maîtrise maximale de la part de l'État, qui a mis à sa tête Kim Jong-Un, un fan de manga, selon les dernières informations. Fils du précédent dictateur en place, il a évidemment raffermi le pouvoir de contrôle du net, et nourri plus amplement par les réseaux, toute la propagande alors en vigueur. 

 

Pourtant, les internautes du pays cherchent et trouvent les outils nécessaires, pour déborder les limites de cette censure, et de plus en plus, ils accèdent aux médias des pays étrangers, livres, émissions, films, et ainsi de suite. La radio et la télévision appartenant au pouvoir, impensable de regarder autre chose qu'un ramassis de contenus préfabriqués et prépensés pour les intérêts du pays. 

 

Certains appareils permettent toutefois d'aller chercher des ondes venues de Corée du Sud, de Chine, mais là encore, écouter ces émissions est un crime. Mais le net simplifie ces actes de résistances du quotidien, en faisant transiter les fichiers MP3 et Divx, et bien évidemment les livres numériques. Quelques 1500 ebooks, probablement pas en fichiers EPUB ultra optimisés, étaient disponibles en avril 2010, acquis par le gouvernement... Effectivement, un certain cadre existait alors, mais le partage de fichier se fait ans (voir notre actualitté) 

 

Rappelons que lire, posséder ou vendre des livres étrangers reste un crime dans le pays, et que lire des livres venant de Corée du Sud relève du domaine de l'espionnage, pour lesquels le fautif encourt de lourdes punitions. Le rapport présenté sur le pays ne fait cependant pas état d'une grande diffusion de livres numériques, accentuant le fait que la musique et les séries télé sont largement privilégiées. Et que les peines peuvent aller de trois mois de travail non rémunéré à cinq années de réclusion dans un camp de prisonniers, si les médias proviennent de Corée du Sud. 

 

Malgré les risques, les jeunes tentent de se procurer ces documents, et le partage illégal se poursuit. L'accès aux informations interdites se maintiendra par les différents moyens possibles et existants ; les jeunes sont disposés à défier le régime, pour partager quelque chose avec le reste du monde. (via Torrent Freak) 

 

 

A redécouvrir, Des amis, de Baek Nam-Ryong,

traduit par Patrick Maurus

 

C'est le premier roman nord-coréen traduit en français.

Baek propose une vision en prisme de la société nord-coréenne à travers le divorce d'un couple formé par une cantatrice et un ouvrier, qui provoque réflexions et interrogations chez tous ceux qu'il concerne.