Corée du Sud : le moteur de recherche Naver inquiète éditeurs et libraires

Nicolas Gary - 10.03.2013

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En Corée du Sud, les éditeurs et es libraires ont aussi leur Amazon. Qui s'appelle Naver, et pose probablement autant de problèmes aux professionnels que la firme de Seattle n'en cristallise dans le reste du monde. En effet, après un premier pas mis avec succès dans le monde de la BD numérique, Naver tente de conquérir le monde du roman en ligne. Au détriment, se plaignent éditeurs et libraires, de l'offre qu'ils proposent eux...

 

 

 

 

Le 23 septembre dernier, Naver ouvrait sa librairie contenant des BD épuisées. C'est qu'avec l'adoption généralisée des smartphones et tablettes, le marchand s'est décidé à amorcer un virage pour proposer une publication et une commercialisation directe d'un nouveau produit, le webtoon. Le projet fournit des BD créées par des artistes indépendants ou qui ont spécialement conçu une oeuvre pour cette plateforme, mais également en numérisant des livres. 

 

Dès le lancement, une soixantaine de titres était disponible, issus d'oeuvres parues entre 1974 et 2004, mais que l'on ne trouvait plus dans les librairies. Sept artistes avaient pris part à cette première phase du projet, en septembre 2012, Lee Doo-Ho, Han Hee-Jak, Lee Jung-Moon, Shin Moon-Soo, Park Su-dong, Cha Sung-Jin, et Lee Hyun-Se. Pour les utilisateurs, l'accès peut se faire au travers de la location d'un titre, entre 500 et 1000 wons, pou une période de 15 jours maximum, ou entre 700 et 1500 wons, pour un achat numérique.

 

Le roman à lire en ligne comme un grand

 

Depuis, c'est un autre service qui est apparu, explique RFI, le web soseol, ou roman web, dans la stricte continuité du premier service consacré aux BD. Mais cette fois, c'est avec un projet éditorial plus concrètement axé sur les auteurs et la publication d'oeuvres. Les écrivains peuvent publier un chapitre de leur oeuvre, avec un modèle économique simple : les 20 premiers chapitres sont gratuits, les suivants sont payants pour 7 centimes d'euro. Avec une répartition 70 % pour l'auteur, 30 % pour Naver.

 

Selon les deux plus importants sites sud-coréens dans le domaine, ce sont 17 millions de lecteurs qui chaque jour viendraient consulter les webtoons, avec 200 nouveaux épisodes publiés de manière hebdomadaire. Ajoutons à cela un affichage publicitaire, et voilà qu'une nouvelle création s'est mise en place. Sachant qu'en parallèle, les ventes de BD imprimées diminuent, le format webtoon devient une véritable alternative. 

 

Et plutôt lucrative, puisque Naver agit tout d'abord dans le pays comme un moteur de recherche : 70 % des requêtes passeraient par lui, avec 1,7 milliard € de chiffre d'affaires en 2012. 

 

Évidemment, Naver revendique une initiative culturelle, avant de parler de commerce. Le piratage, qui sévit gravement dans le pays, est ici contré par un modèle semi-gratuit, ou totalement gratuit, avec une rémunération pour les créateurs. 

 

Naver s'est d'ailleurs décliné en versions mobiles avec des applications pour Android et iOS, afin de mieux couvrir encore le parc d'appareils mobiles sur le territoire. 

 

À découvrir, à cette adresse.