Couper les ressources publicitaires des sites pirates... des effets mineurs

Clément Solym - 06.02.2018

Lecture numérique - Acteurs numériques - revenus sites pirates - ressources finances sites - contrefaçon sites argent


La lutte contre le piratage axée sur la coupure des revenus publicitaires fut l’un des axes portés par Fleur Pellerin. Une démarche européenne impulsée plus largement, et que soutiennent différentes industries culturelles. Les acteurs de la publicité en ligne avaient en France signé une Charte les engageant à ne pas financer les sites de contrefaçon.


old advertising
Justin Henry, CC BY 2.0
 

 

Quelles conséquences cette politique du « follow the money » a-t-elle pu avoir sur les revenus des sites considérés comme pirates ? Pour la France, la charte signée avait surtout une valeur incitative, apportant de simples recommandations pour prévenir toute relation commerciale. « La lutte contre la contrefaçon du droit d’auteur et des droits voisins est un facteur essentiel pour l’essor de la création et l’offre légale culturelle en ligne », assurait la ministre de la Culture d’alors. 

 

En effet, le gouvernement de l’époque s’engageait à ce que ce débat soit porté dans le cadre de la modernisation du droit d’auteur. Et que des méthodes plus efficaces encore, impliquant les acteurs numériques, soient trouvées, pour assécher les ressources financières. 

 

Un peu partout, des mouvements sur le web ont permis de réduire le placement de bannières publicitaires sur des sites pirates. Mais des chercheurs de Copenhague, Munich et Lisbonne ont tenté d’analyser plus en profondeur les résultats de cette campagne. Leurs relevés ont eu lieu avant et après l’accord d’autorégulation signé en octobre 2016, au niveau européen. 

 

Follow The Money : Online Piracy and Self-Regulation in the Advertising Industry, leur étude, a été publiée la semaine passée dans la revue SSRN, dans une version révisée – la première datait de mars 2017. 

 

Les conséquences seraient assez minces, conclut l’étude (à retrouver en fin d’article), qui ne voit pas d’évolution significative des revenus. En réalité, les gros opérateurs de la publicité en ligne semblent jouer le jeu, mais uniquement quand il s’agit de sites à très forte visibilité et fréquentation. Sauf que l’on assisterait à un recul de 17 % globalement.

 

En revanche, un autre marché s’est de toute évidence développé : des entreprises spécialisées dans l’affichage en ligne ont commencé à signer des contrats avec les sites pirates après la signature de l’accord d’octobre 2016. Précédemment absents de ce segment, ils ont profité de la manne que représentait cette opportunité et le retrait de leurs concurrents. 

 

Au sein de l’Union européenne, donc, cette tentative n’aura eu que peu d’effets...

 


 

 

via Torrent Freak

 


Commentaires

Logique:

- dans leur quasi totalité, les "pirates" n'ont aucune volonté lucrative. La facette culturelle du partage étant toujours passée sous silence, il est ironique de voir toutes ces entités regroupées en "industries culturelles";

- les méthodes et technologies évolues infiniment plus vite que les décideurs politico-économiques;

- la concurrence, effectivement;

- je considère personnellement que les "auteurs" et les "pirates" ont le même adversaire en réalité: les "ayants droits".

- ...

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