Couper les vivres des sites pirates : étape 2, le paiement en ligne

Nicolas Gary - 14.04.2015

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Contrairement à la démarche de Nicolas Sarkozy, décidé à sanctionner les internautes, Fleur Pellerin a dévoilé un programme de lutte anti-pirate consistant à frapper les sites. La démarche n'est pas nécessairement plus efficace, mais dénote d'un autre état d'esprit. « Ma vision de la politique culturelle est à l'exact opposé du “karcher” de Nicolas Sarkozy. C'est un travail patient de reconstruction du lien social autour d'une culture plus accessible, mieux partagée, toujours exigeante et plus démocratique », affirmait la ministre.

 

 

Fleur Pellerin - Salon du Livre de Paris 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Dans le cadre de cette lutte, le conseil des ministres avait commencé à affûter ses armes. Et en accord avec Michel Sapin, ministre des Finances, la rue de Valois a confié une mission à l'Inspection générale des finances et à Julien NEUTRES, chargé de mission auprès de Frédérique BREDIN, Présidente du Centre National du Cinéma et de l'image animée (CNC). D'ici au mois de juin, ces derniers auront à charge la rédaction d'une charte pour empêcher les moyens de paiements dématérialisés sur les sites de contrefaçon.

 

Les DirectDownload et consorts seraient donc, depuis la France, frappés au porte-monnaie avec une pareille mesure. Que ce soit par le streaming ou le téléchargement, il deviendrait impossible de souscrire aux offres pirates payantes. Un moyen de couper les vivres, estiment les deux ministères. 

 

Précédemment, une charte des bonnes pratiques a été signée par les responsables de plateformes publicitaires : en refusant d'afficher des bannières sur des sites irrespectueux du droit d'auteur, ces derniers s'engageaient donc aux côtés du gouvernement. 

 

« Notre politique vise à permettre le développement de l'offre légale d'œuvres sur internet en multipliant les initiatives, avec, notamment, une action ferme vis-à-vis de ceux qui exploitent les fruits de la création sans rémunérer les artistes et les créateurs. Nous engagerons toutes les moyens possibles envers ces activités illégales, avec le concours de tous les ministères impliqués dans la lutte contre la contrefaçon et les circuits financiers occultes », assure Fleur Pellerin.

 

Et le ministre des Finances d'ajouter que les acteurs « qui mettent à disposition des moyens de paiements doivent entrer dans une démarche visant à s'assurer qu'ils ne participent pas, ce faisant, à une activité frauduleuse ». 

 

L'ex-président de la République avait, le week-end dernier, fait état d'une belle déclaration d'intention : « Je voudrais rappeler cette conviction qui est pour moi inébranlable : la culture sera l'une des réponses à la crise que nous connaissons. »

 

Fleur Pellerin avait immédiatement répondu sans attendre : « Nous payons aujourd'hui 10 ans d'incurie et de mépris pour la culture, les artistes, les créateurs. La priorité de ce gouvernement, au contraire, c'est l'accès de tous à la culture, la réforme de nos outils de politique culturelle pour les adapter aux défis d'aujourd'hui. »