Course aux pirates : les membres d'Hadopi refusent de saborder l'institution

Clément Solym - 03.08.2012

Lecture numérique - Législation - Hadopi - Pierre Lescure - Piratage


Notre Président de la République l'avait promis au cours de sa campagne électorale, la loi Hadopi devrait être remplacée par une autre signant «l'Acte II de l'exception culturelle ». Pierre Lescure, désormais directeur du Théâtre Marigny, est chargé de la mission de concertation qui prévoit d'établir les premières propositions attendues pour le mois de mars prochain. Le pari fixé vise à redéterminer le dispositif de lutte contre le téléchargement illégal.


 

Ce mercredi 1er août Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, avait évoqué de manière explicite la question de la supression de la loi tant décriée : « Je ne sais pas ce que deviendra cette institution, mais une chose est claire, l'Hadopi n'a pas rempli sa mission de développement de l'offre légale. » (voir notre actualitté)

 

Pierre Lescure a lui-aussi répondu aux questions du Nouvel Observateur, en précisant que sa mission concerne l'ensemble de l'économie culturelle à l'heure du numérique, notamment en s'axant en priorité sur l'aspect du soutien à la création, sur la protection des ayants droits ainsi que sur le développement de l'offre légale, ceci en prévision de l'arrivée de la télévision connectée qui devrait arriver dans les chaumières françaises d'ici l'an prochain. 

 

S'il élude quelquepeu la question de la suppression d'Hadopi, il recentre son discours sur le constat de la nécessité d'un « gendarme » visant à protéger les droits d'auteur afin que la création culturelle puisse perdurer, en comparant notamment plusieurs fois le cas du téléchargement illégal à celui de la fraude dans les transports. 

 

En conclusion de son intervention, Pierre Lescure exprime l'idée qu'un système de sanctions demeure à l'ordre du jour pour le gouvernement, mais que, en substance, celui-ci ne sera pas la première préoccupation de l'action du Ministère de la Culture. 

 

En face, Jacques Toubon et Franck Riester, tous deux membres du Collège de Haute Autorité d'Hadopi, estiment que les déclarations de la ministre de la Culture sont injustes et occultent le rôle de l'institution dans la baisse du piratage et dans le développement de l'offre légale.