Cultura revendique "un positionnement en faveur de l'interopérabilité"

Nicolas Gary - 02.12.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - livres numériques - interopérabilité - environnement propriétaire


Alors qu'à l'Assemblée nationale fut envisagé, même pour une brève période, d'instaurer une TVA plus forte sur les livres numériques à l'intérieur d'écosystèmes propriétaires, les magasins Cultura viennent de prendre position en faveur de l'interopérabilité. Une communication que l'on retrouve en double page dans certains supports de presse, et qui s'engage vis-à-vis des lecteurs.

 

 

Cultura livre numérique interopérable

image via Aldus

 

  

« C'est une campagne de marketing, bien sûr, pour valoriser notre librairie numérique », nous explique Jean-Luc Treutenaere, directeur des relations extérieures de Cultura. « Mais c'est avant tout un positionnement en faveur de l'interopérabilité, pour expliquer que notre ebookstore offre un service de qualité. Notre revendication est très claire sur ce que doit être une offre de librairie numérique : que le lecteur puisse retrouver ses livres, même quand il décide de changer d'appareil de lecture. »

 

Le message est tout aussi net : 

Vous ne le savez peut-être pas, mais la plupart des liseuses actuellement proposées sur le marché sont verrouillées par les marques qui vous les vendent.

Ainsi, bien malgré vous, vous devenez dépendant à vie d'un seul appareil pour lire vos livres numériques, vous empêchant d'en profiter sur un autre support de lecture existant ou à venir. Vous achetez des livres, mais dans les faits vous n'en êtes pas propriétaire. Les marques en question ne vous donnent qu'un droit d'utilisation.

 

A ce jour, la librairie de Cultura dispose de 135.000 titres, incluant des versions EPUB, PDF et les titres du catalogue d'izneo. Et début janvier, une application de lecture, avec synchronisation automatique, sera disponible pour iPad. « Nous nous sommes associés à TEA, pour offrir aux consommateurs une solution pérenne : proposer un système ouvert, dans l'achat de livres numériques, c'est une volonté forte de laisser les lecteurs libres. »

 

La communication intervient peu après que la députée Isabelle Attard a proposé l'instauration d'une TVA à 19,6 % pour les environnements propriétaires, Amazon ou Apple, et de 5,5 % pour les écosystèmes interopérables. L'amendement fut adopté, contre l'avis du rapporteur et du gouvernement, et ce dernier a rapidement dégainé un contre-amendement pour dégommer ce projet. 

 

« Ce fut une avancée généreuse, de la part des députés, mais nous entrons là dans des discussions politiques qui dépassent le simple cadre français. Il est appréciable que les chambres se préoccupent de ce marché. Simplement, les enjeux européens [la France est sous le coup d'une procédure d'infraction, pour avoir harmonisé la TVA du livre numérique avec celle du papier, à 5,5 %] nécessitent que l'on prenne en compte de plus vastes problématiques », conclut Jean-Luc Treutenaere.

 

Il reste encore la possibilité pour les sénateurs de faire revenir l'amendement, lors de l'examen prochain du projet de loi de finances.