Vendre mieux son livre numérique : le tarif, élément notable

Nicolas Gary - 27.07.2015

Lecture numérique - Usages - prix vente ebooks - données vendeurs - plateforme éditeurs auteurs


La commercialisation du livre numérique s’est accompagnée d’une tendance commune dans les pays sans prix unique du livre, mais inédite en France : les campagnes de promotion. Si l’éditeur fixe toujours le prix de vente public, voici qu’il pouvait opérer une remise, appliquée plus ou moins efficacement par les revendeurs. D’un tarif initial, on passait à un prix réduit, pour une courte période. Mais quel est l’impact à attendre ?

 

99 francs

Frédérique Voisin-Demery, CC BY 2.0

 

 

Des recherches menées par BookBub, qui mène des opérations publicitaires à travers la diffusion de livres gratuits, montrent la relation entre le taux de remise et la transformation. On parvient ainsi à des données établissant que, pour une remise de 65 % du prix, on obtiendrait 20 % de clics supplémentaires sur l’ouvrage. On passerait à 40 % si le prix de vente est remisé de 85 %. 

 

Cependant, si considérer la remise comme un facteur attractif relève de l’évidence, le prix final pour le lecteur, est particulièrement instructif. Si les clients ne sont pas obsédés par le prix de vente, cette valeur interviendrait particulièrement pour des auteurs dont la communauté suit régulièrement les publications. 

 

En traçant les ventes opérées sur deux sites de revendeurs – que BookBub ne dévoile pas –, les données collectées ont permis d’établir des taux de conversions significatifs. Pour des prix publics compris entre 0,99 $ et 2,99 $, le taux de conversion est de l’ordre de 25 %, mais augmenterait selon que le tarif serait plus bas. On s’approcherait ainsi de 35 % pour un ouvrage à 0,99 $.

 

 

 

Quand on s’intéresse aux best-sellers, la tendance est quasiment identique, avec un taux de conversion pour les ouvrages vendus à 1,99 $ qui est légèrement supérieur toutefois. 

 

En revanche, entre les auteurs indépendants et les maisons traditionnelles, la situation est plus nuancée : un éditeur classique assistera à taux de conversion de 38 % pour un ebook vendu 0,99 $. 

 

 

 

Difficile d’en conclure que l’on vend plus des ouvrages moins chers, mais difficile malgré tout de ne pas saisir le message. En 2013, le distributeur français Immatériel apportait quelques précisions, tirées de ses propres données : « C’est l’effet d’aubaine qui va attirer [les clients] vers des prix entre 0,99 et 2,99, d’ailleurs plus de 50 % de notre CA issu des ventes à 0.99 € s’est fait en période de promo flash (300k et autres). Dans le numérique comme ailleurs, la rareté suscite des ventes ; mais la notion de stock n’ayant plus lieu d’être, il ne reste que la notion de temps. »