De l'interopérabilité des formats du livre numérique - et des DRM

Clément Solym - 17.06.2013

Lecture numérique - Usages - interoperabilité - librairies - livre numérique


L'interopérabilité était au coeur des deux journées organisées par la Fédération européenne (et maintenant internationale aussi) des libraires. L'EIBF avait lancé un appel pour que l'on mette un terme aux verrous apposés sur les fichiers ou aux formats propriétaires. Dans ce contexte, une étude en anglais avait été présentée et désormais, sa traduction en français et allemand est disponible. 

 

 

 

 

« Il n'y a aucune raison technique ni fonctionnelle pour ne pas utiliser et établir l'EPUB 3 comme un standard de format ebook interopérable », avait assuré Neelie Kroes vice-présidente de la Commission européenne. « Mon souhait est que les librairies d'Europe puissent prendre des initiatives et bénéficier de la croissance du marché du livre numérique. C'est pourquoi je me félicite de cette étude réalisée par l' European Booksellers Federation. » 

 

Et la vice-présidente d'ajouter :  

L'interopérabilité est une exigence majeure de la construction d'une société véritablement numérique, exigence qui s'applique également aux livres numériques. Lorsqu'un client achète un livre imprimé, il est libre de l'emporter où bon lui semble. Il devrait en être de même avec un livre numérique. S'il est désormais possible d'ouvrir un document sur des ordinateurs différents, pourquoi ne pas pouvoir ouvrir un livre numérique sur différentes plates-formes et dans des applications différentes ? La lecture d'un livre numérique devrait être possible n'importe où, n'importe quand et sur n'importe quel appareil.

 

Dans ses conclusions, l'étude affirme l'importance du soutien du format EPUB3, contre les usages d'Amazon et d'Apple, qui profitent d'un format propriétaire, pour des raisons marchandes. D'ailleurs, si le secteur souffre actuellement d'un manque d'applications en mesure de lire le format - à l'exception d'iBooks - le format ouvert doit être défendu. 

 

La seule errance de l'étude est de vouloir favoriser également la présence de DRM dans les fichiers. « Avec l'implication d'Amazon et d'Apple, la barrière des verrous numériques entre les systèmes pourrait être facilement levée en modifiant simplement les librairies et les applications correspondantes, et en partie en demandant simplement plus d'accords entre les différents acteurs à propos d'une solution de DRM interopérable », note ainsi l'étude. 

Pour autant, les modèles commerciaux actuels des principaux acteurs du marché des livres numériques, qui ont pour but d'enfermer le client, ne font pas bon ménage avec des écosystèmes ouverts.

L'exemple par excellence est celui d'Apple, qui soutient activement la norme EPUB 3 et l'utilise pour une partie de sa distribution, tout en maintenant son écosystème fermé par l'utilisation d'un système de DRM imposant des restrictions à l'échange de fichiers, y compris, bien entendu, les livres numériques. Afin d'aboutir à une véritable interopérabilité dans le marché du livre numérique, les revendeurs principaux doivent convenir de formats interopérables pour les livres numériques et de modes de DRM interopérables.

 

L'étude est à consulter dans son intégralité :