De l'inutile, imbécile et coûteux combat contre le piratage

Clément Solym - 19.04.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - lutter - piratage - ebook


Il est bon d'enfoncer quelques portes ouvertes, de temps à autre, pour prendre un peu de distance. Sur la question du piratage, les avis et les opinions le disputent généralement aux réactions épidermiques. Mais quand des millions de [choisir la monnaie qui vous convient], sont en jeu, il est bon de réfléchir.

À souligner donc, cette belle réflexion développée dans Futurebook, sur le piratage de livres numériques. Revenant sur une conférence qui s'est déroulée durant la Foire du livre de Londres, le billet s'étonne de la réaction de David Shelley, de Little, Brown. Ce dernier avait, en substance, expliqué qu'à l'avenir, les coûts économisés sur l'industrie papier seraient reportés sur la lutte contre le piratage d'ebooks. (notre actualitté)

On serait aussi en mesure de pousser un cri d'amour : What The Fuck ?

D'abord, comme le détaille le billet, parce que « la lutte active contre le piratage est à peu près la chose la plus stupide que l'on puisse faire ». Et d'ajouter qu'il n'est pas question d'en faire un job à temps complet. « Parce que consacrer du temps et de l'argent à la lutte contre le piratage est le pire des investissements pour votre entreprise. »

Argent, image de marque, etc.

Le temps, c'est déjà de l'argent, mais si l'on additionne de l'argent à de l'argent, les sommes prennent des proportions folles. Un simple coup d'oeil sur ce qui a été mis en place dans l'industrie de la musique, les montants dépensés par la RIAA pour fliquer les internautes, et ainsi de suite... Surtout qu'en plus du temps passé et de l'argent perdu - gaspillé - c'est une question d'image qui se pose.


« La raison pour laquelle les gens téléchargent illégalement n'est pas systématiquement motivée par la volonté d'obtenir quelque chose gratuitement. » Que non. On peut aussi citer, dans le cas de l'ebook, plusieurs raisons largement évoquées dans l'étude du MOTif EbookZ, qui les détaille fort bien.

Prenons simplement l'exemple de la disponibilité d'une oeuvre, dans sa version numérique - ou le cas classique d'Harry Potter. Le fait est que l'internaute est à la recherche d'un produit en particulier. Ils veulent CE livre, publié par UNTEL ou UNTEL. C'est donc une marque qu'ils recherchent. Mais qu'ils ne peuvent pas se procurer par le biais légal. Alors qu'il revient à ceux qui assurent la commercialisation du fichier de donner au client satisfaction, ils vont tout simplement dans le sens contraire de la marche.

Pirater ou pire que rater ?

De là, le piratage. Et dans tous les cas, la gratuité n'est pas un moteur de piratage obligatoire. Il est impératif de rechercher la simplicité. En France, Charles Kermarec l'avait une fois encore démontré : acheter un livre numérique est une vraie galère.

Pas de DRM, des prix attractifs et une utilisation sans restriction d'appareil, le tout packagé dans un achat simple... La solution est 100 % gagnante.

Et surtout, surtout, en finir et tordre le cou définitivement à l'idée aussi saugrenue que fausse, clamant que tout téléchargement illégal représente une vente perdue. Ou alors, accélérons l'accès à des catalogues récents d'ebooks dans les bibliothèques. Les gens n'auront même plus à pirater pour découvrir.

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